La Confédération doit mener, en matière de migration, une politique extérieure humaine et cohérente, qui se soucie des causes, demande Caritas Suisse. Dans sa nouvelle prise de position, l'organisation catholique demande notamment que l'aide ne soit pas conditionnée au retour des migrants dans leurs pays d’origine.
Les tragédies migratoires perdurent dans les pays d'Afrique
du Nord, dans la région du Sahel, au large de la Libye et en mer Égée, rappelle
Caritas Suisse dans un communiqué du 6 février 2020. Face à cela,
l'organisation basée à Lucerne estime que l'aide humanitaire, ainsi que la
protection des migrants, doivent être la préoccupation première de la politique
extérieure de la Confédération. Elle doit contribuer à sécuriser les mouvements
migratoires internationaux et à les réguler en conséquence.
Ne pas financer les autocrates africains
Mais, pour Caritas, il faut agir également sur les causes de
la migration en créant de meilleures perspectives dans les pays d'origine,
notamment grâce à une forte coopération au développement. "Il est
réducteur et problématique de croire que la politique extérieure de la
Confédération en matière de migration doit servir à dissuader les migrants de
chercher à fuir la pauvreté et à rapatrier ceux qui sont venus chercher du
travail chez nous, affirme l'œuvre d'entraide. Les fonds de la Direction du
développement et de la coopération (DDC), ou d'autres moyens destinés au
développement ne doivent pas être conditionnés au retour des migrants dans
leurs pays d’origine". Pour Caritas, ils ne sauraient non plus être
proposés en contrepartie de contrôles répressifs aux frontières et d'autres
mesures visant à empêcher la migration. "Il n’est pas question d’accorder
un soutien financier et matériel aux autocrates africains, ni par la voie
bilatérale ni en coopération avec l’UE, pour qu’ils empêchent par la violence
leurs populations de migrer".
Favoriser le développement dans les pays
L'œuvre d'entraide demande que la Suisse exprime une
opposition aussi véhémente que visible à la déshumanisation de la politique
migratoire internationale. "Elle doit résister à la tendance
internationale à instrumentaliser la politique de développement au service de
la politique de sécurité". Selon Caritas, la Suisse doit, en vertu de sa
tradition humanitaire et dans son propre intérêt, mener une politique
extérieure cohérente en matière de migration, dans une vision à long terme, et
qui tienne compte des causes. Ceci afin de favoriser les possibilités de vie et
de développement des habitants des pays pauvres et de promouvoir un développement
pacifique et durable sur le plan mondial. (cath.ch/com/rz)