Le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg organisera pour la première fois, le 23 novembre 2019, à Fribourg, une "Journée de mémoire pour les victimes d’abus sexuels dans l’Eglise". Mgr Morerod considère depuis longtemps qu'il est nécessaire que l'Eglise s'occupe de cette partie de son passé", a expliqué sa porte-parole à cath.ch.
Cette journée de commémoration est une première organisée
par le diocèse, en collaboration avec l'association des victimes du groupe
Sapec en Suisse romande. "Nous pensons qu'elle ne restera pas un événement
unique, mais que d'autres journées de mémoire seront organisées à l'avenir sous
cette forme ou sous une autre", a expliqué Laure-Christine Grandjean, responsable
de la communication du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF).
La journée
débutera par une célébration à la cathédrale St-Nicolas, à 14h, durant laquelle
sera inaugurée une plaque commémorative, contenant à la fois une demande de
pardon et un appel à la vigilance.
Elle se
poursuivra par la projection du film Grâce
à Dieu de François Ozon, au cinéma Rex. "Le choix du film s'est fait
de manière concerté avec le groupe Sapec, dont l'histoire n'est pas sans
analogie avec celle du groupe de "La parole libérée" du diocèse de
Lyon, racontée dans le film."
Ateliers de discussion et de partage
La rencontre se
prolongera par des ateliers de discussion et de partage et un apéritif dînatoire
dans les locaux du vicariat épiscopal du canton de Fribourg, au Boulevard de
Pérolles 38. Pour des raisons d'organisation, la
participation se fera sur inscription, mais la journée est ouverte à tous,
précise la porte-parole.
L'idée d'une
journée de mémoire a mûri depuis plusieurs années. Laure-Christine
Grandjean se réfère en particulier à l'étude sur l'institut
de garçons Marini, à Montet, dans le canton de Fribourg. Commandée en 2015 par
Mgr Charles Morerod, elle a été présentée au public en janvier 2016. Dans cet
institut, placé sous la responsabilité directe du diocèse, des enfants et des
jeunes ont été victimes d'abus, en partie sexuels. "L'étude a montré en
particulier, pour quelles raisons on est arrivé à de tels actes d'abus dans ce pensionnat.
Il s'agit d'éviter que les mêmes erreurs ne se reproduisent."
La date du 23 novembre a été choisie en fonction de la
Journée internationale des droits de l'enfant, célébrée le 20 novembre, mais la
manifestation a été placée le samedi pour permettre aux personnes intéressées d'y
participer.
Pas de journée de commémoration au niveau national
Encarnacion Berger-Lobato,
responsable de la communication à la Conférence des évêques suisses (CES), a indiqué
à kath.ch que, pour l'heure, aucune journée
nationale de commémoration pour les victimes d'abus dans l'Eglise n'est prévue.
Néanmoins, la Commission d'experts "Abus sexuels dans le contexte
ecclésial" s'est penchée sur des "préoccupations similaires", notamment
celles de la pose de plaques commémoratives. "En temps voulu, elle
fournira son évaluation à la CES." (cath.ch/mp)