Personne n'est à proprement parler fait “pour le célibat”, a expliqué le Père salésien Justino Sarmento Rezende, expert au synode pour l'Amazonie, lors du briefing organisé au Vatican le 17 octobre 2019. Cet état de vie est un “don de Dieu” qu'il s'agit de choisir “en toute liberté”.
Le Père Sarmento Rezende a été ordonné voilà 25 ans. De
l'ensemble des participants à cette assemblée spéciale du Synode des évêques,
il est le seul prêtre amazonien. D'ailleurs, a-t-il confié, lorsqu'il est entré
au séminaire, les seules figures sacerdotales de son environnement étaient des
missionnaires blancs.
Les avis autour de lui étaient presque unanimes, a témoigné
le salésien: ce n'était “pas une bonne idée” de rentrer au séminaire. Sa mère
en particulier regrettait qu'il choisisse une voie l'enfermant dans le célibat.
“Personne n'est fait pour le célibat”, a reconnu le Père Sarmento Rezende,
cependant c'est une “vertu” qui peut être pratiquée par chacun. Selon lui, il
s'agit en réalité d'un “don de Dieu” à choisir “en toute liberté”.
Il est important de vivre le célibat “de la manière la plus
équilibrée possible”, a encore affirmé cet expert en spiritualité indigène et
en pastorale interculturelle. Cependant, il l'annonce : à partir du moment où
cet état de vie deviendra une trop grande “souffrance” pour lui, il n'hésitera
pas à quitter le ministère sacerdotal.
Evangéliser de la “meilleure façon possible“
Mgr Roque Paloshi, archevêque de Porto Velho (Brésil), a
attiré l’attention des Pères synodaux sur la question des peuples en isolement
volontaire car ceux-ci “n’ont jamais été aussi menacés qu’aujourd’hui“. La
disparition d’une culture est “aussi grave" que l’extinction d’une espèce
animale. C’est pourquoi, il faut selon lui suivre le pape François lorsqu’il
demande dans Laudato si' (2015) de
leur accorder une "attention spéciale".
Le Père Sarmento Rezende a suggéré d’évangéliser de la
“meilleure façon possible“. Il s’agit pour lui de savoir “dialoguer patiemment“
afin de connaître chaque culture amazonienne "en profondeur“. De ce point
de vue, les missionnaires ont un rôle important, de même que les indigènes
chrétiens sont indispensables pour les aider à “travailler au mieux“.
Patricia Gualinga, leader indigène engagée dans la défense
des droits humains des communautés quichuas, a dénoncé une fois de plus les
sociétés d’extractions opérant en Amazonie et menaçant certains groupes. Elle a
en particulier exhorté l’Eglise catholique et d’autres institutions à adopter
une politique de désinvestissement vis-à-vis des entreprises qui mènent des
opérations “prédatrices“ envers les indigènes. (cath.ch/imedia/pad/ah/rz)