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    Mgr Felix Gmür, président de la Conférence des évêques suisses (CES), à droite, Encarnacion Berger Lobato porte-parole de la CES © Ueli Abt

    Les évêques suisses planchent sur le renouveau de l'Eglise

    Face à la

    crise de l'Eglise, les évêques suisses ne veulent pas rester de simples

    spectateurs. Pour tenter d'y apporter des remèdes, ils veulent lancer un vaste

    processus d'écoute et de débat dont une première ébauche à été présentée le 19 septembre

    2019, à Berne.

    "Nous voyons que cela brûle en divers endroits, que les frustrations

    sont fortes, que l'unité de l'Eglise est en danger. Nous devons écouter, en

    parler et débattre de ce que nous pouvons faire concrètement", a expliqué

    Mgr Felix Gmür président de la Conférence des évêques suisse (CES), lors d'une

    conférence de presse à Berne. Le titre de travail

    de ce projet l'exprime bien: "En chemin ensemble pour renouveler l’Eglise".

    Réunis à

    Saint-Maurice du 16 au 18 septembre 2019, les membres de la CES ont poursuivi

    la réflexion sur le renouveau de l'Eglise déjà abordée en juin. Ils ont

    confirmé un voeu récurrent du pape François, à savoir que le "charisme de

    l’écoute" soit au cœur du processus.

    La CES a renoncé

    explicitement à l'idée d'un synode ou même d'un chemin synodal. "Dans

    l'Eglise catholique, le synode est une structure bien déterminée soumise à des

    règles précises. Or nous voulons une démarche plus large et plus ouverte",

    a précisé Mgr Gmür. Il s'agit d'y impliquer les jeunes et les plus âgés, femmes

    et hommes, laïcs et ordonnés, migrants et Suisses. "Nous voulons aussi pouvoir

    entendre les signaux faibles en dehors des structures ecclésiales."

    Groupe de pilotage externe

    Il s'agira

    donc de développer des plateformes thématiques sur des sujets identifiés ensemble.

    Un groupe de pilotage, externe à la CES, sera chargé d’en organiser le

    processus. Il aura notamment pour tâches de clarifier l'objectif, l'organisation

    de la participation, le choix des thèmes et des priorités, le respect des

    régions linguistiques, la composition des groupes de travail, l'animation et la

    communication.

    "Quelques

    personnes ont déjà été contactées pour assumer cette charge. Elles doivent se

    rencontrer pour poser les bases de leur travail. Nous pourrons ensuite

    communiquer la composition du groupe de pilotage", a précisé Mgr Gmür.

    Un débat le plus large possible

    Les

    différentes thématiques identifiées par la CES en juin: par exemple foi et

    transmission de la foi, rôle des femmes, célibat de prêtres et ordination

    d'hommes mariés, abus sexuels et de pouvoir sont des propositions. Elles

    peuvent être aussi modifiées ou complétées.

    Le président de la CES se montre convaincu que la crise actuelle de crédibilité peut être surmontée. "Le dialogue avec ces voix diverses est nécessaire pour une Eglise vivante et armée pour l'avenir qui rayonne de foi, d’espoir et d’amour. En Suisse nous avons déjà une solide expérience du dialogue au sein des paroisses, des diocèses, des mouvements et des corporations ecclésiastiques", souligne l'évêque de Bâle. Il précise aussi que la démarche sera menée au niveau suisse. "Nous savons que les mentalités ne sont pas les mêmes dans les diverses régions linguistiques. Mais nous devons aussi relever ce défi de faire l'unité de l'Eglise en Suisse."

    Pas encore d'agenda

    Il n’existe pas encore d’agenda pour le déroulement du projet. Celui-ci sera fixé avec le groupe de pilotage une fois qu’il aura commencé son travail. Mgr Gmür évoque une durée de deux ou trois ans. "Dix ans serait trop, mais nous ne pouvons pas dire demain, ni après-demain. Cela prendra un certain temps." Selon Mgr Gmür, les premiers échos récoltés sont largement positifs.

    Abus sexuels dans le contexte ecclésial

    Les évêques suisses ont en outre pris

    acte des statistiques 2018 des cas d’abus sexuels annoncés auprès des services

    spécialisés des diocèses. Ces chiffres montrent que les mesures prises depuis

    2002 produisent leurs effets.

    Seules trois dénonciations portent sur

    des cas actuels qui se sont déroulés après l'an 2000. Ces cas concernent des

    propos à connotations sexuelles et des avances déplacées à l’égard de femmes adultes

    sans rapport de dépendance pastorale. Et à l’égard d’un homme adulte dans le

    cadre d’une situation de dépendance pastorale.

    28 cas prescrits ont également été

    annoncés, dont 23 se sont déroulés entre 1950 et 1980. Le nombre de cas

    annoncés reste dans le cadre de ces dernières années.

    Mgr Gmür a cependant rappelé que ces chiffres ne comprennent pas les cas annoncés à la commission indépendante CECAR, ou aux services cantonaux d’aide aux victimes. Les groupes d’experts diocésains invitent à nouveau les victimes à s’annoncer.

    Mois missionnaire extraordinaire d’octobre 2019

    Les évêques suisses ont

    publié un Appel en vue du Mois missionnaire extraordinaire et participé à l’action #MaMission. Le Mois extraordinaire de la mission débutera en Suisse

    le 1er octobre 2019 par une célébration liturgique dans le baptistère

    de Riva San Vitale (TI), le plus vieil édifice chrétien de Suisse. Plusieurs

    évêques suisses y seront présents, a indiqué Erwin Tanner, secrétaire général

    de la CES.

    50 ans de Justice et Paix

    A

    l’occasion des 50 ans de Justice et Paix, la CES a invité une délégation de

    cette commission à un échange. Thomas Wallimann-Sasaki, président ad interim,

    Kurt Aufdereggen, membre, et Wolfgang Bürgstein, secrétaire général de la

    commission, ont présenté les enjeux actuels. Ils ont évoqué entre autres la

    complexité croissante et la dimension globale des évolutions technologiques, la

    responsabilité vis-à-vis de la création face au changement climatique,

    l’individualisation et la singularisation, l’exil et la migration.

    Justice et

    Paix fêtera son jubilé le 19 novembre 2019, à Berne, par une manifestation

    publique intitulée «La paix et la justice n’existent pas

    en vain !».

    Initiative pour les multinationales responsables

    Les membres

    de la CES partagent les craintes des auteurs de l’initiative populaire Multinationales

    responsables et les soutiennent. Mgr Felix Gmür, président du

    conseil de fondation de l’Action de Carême, une des organisations porteuses de

    l’initiative, a partagé ses impressions de son dernier voyage en Colombie. Il a

    pu constater sur place les dégâts causés par l’exploitation des mines.

    L’initiative propose des mesures importantes en direction d’une "écologie

    intégrale", proposée par le pape François dans Laudato sì, a noté Mgr Gmür

    Nominations

    Parmi les nominations, on peut relever celle de Brigitte Maria Fischer Züger,en tant que déléguée de la CES pour les questions concernant la Chine. "Même si le nombre de catholiques chinois est minime en Suisse, nous suivons avec intérêt la situation délicate de l'Eglise en Chine. Et nous voulons montrer notre solidarité avec les évêques du pays", a souligné Mgr Gmür. En tant que spécialiste de la Chine, Mme Fischer Zuger aura surtout un rôle d'information et d'échange. (cath.ch/mp)

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