Au-delà de l'Année jubilaire 2017, la vénération de Nicolas de Flüe (1417-1487) et de son épouse Dorothée Wyss doit être promue. C’est dans cet esprit qu’a été fondée le 16 octobre 2019 une nouvelle association qui complétera l'action de la Fondation Frère Nicolas (Bruder-Klausen Stiftung).
Par Sylvia Stam, kath.ch/ traduction: Bernard Litzler
La date de fondation de l'association n'a pas été choisie au
hasard. Le 16 octobre 1467, Nicolas von Flüe prenait congé de sa femme Dorothée
et partait en pèlerinage. Un pèlerinage qui le conduira finalement, après des
détours, jusqu’au vallon du Ranft.
Le 16 octobre 2019 dans la maison paroissiale de Sachseln, il n’a pas été question de départ, mais de sursaut. "L'année commémorative 2017 a été un succès", a indiqué Franz Enderli, ancien président de l'Association « 600 ans Nicolas de Flüe ». Il a rappelé les 11 projets de base mis en œuvre à l’occasion, ainsi que plus de 150 projets participatifs. "Lequel de ces projets doit continuer maintenant?", a-t-il demandé.
Intérêt des réformés pour Frère Nicolas
Il s’agit de reprendre et de poursuivre les impulsions
données durant l'année commémorative. Franz Enderli relève notamment
l'importance de l'épouse de Nicolas, Dorothée Wyss. "On ne peut pas parler
de Frère Nicolas sans parler de sa femme. Il y a 30 ou 40 ans, elle était
encore considérée comme un ‘produit de niche’. Mais elle avait une certaine
importance, en particulier dans les milieux féminins". Aujourd'hui, il est
clair que Nicolas et Dorothée étaient liés l'un à l'autre.
Franz Enderli a également mentionné l'importance de l'ermite
du XVe siècle pour la société civile. Pour beaucoup, il était un leader
politique et spirituel. Enfin, l'Année jubilaire a révélé le grand intérêt des
réformés pour Nicolas de Flüe. "Ce fut une redécouverte pour nous,
catholiques, en 2017", a indiqué le président Enderli.
Esprit œcuménique et interreligieux
Fondée ce 16 octobre 2019, l’Association de promotion de Nicolas de Flüe et Dorothée Wyss (Förderverein Niklaus von Flüe und Dorothee Wyss) entrera en activité le 1er janvier 2020. Son but? La "promotion d'une vénération et d'une estime nationale et universelle" des deux "personnalités spirituelles". L'association agit dans un esprit œcuménique et cultive le dialogue interreligieux dans le sens et l'esprit de spiritualité pacifique de Nicolas de Flüe", indiquent les statuts.
Concrètement, la nouvelle structure se considère comme
complémentaire à la Fondation Frère Nicolas. Elle va promouvoir ou lancer des
activités dans les domaines de l'art et de la culture, des sciences, de
l'enseignement, de la recherche et de la littérature en lien avec le couple
célèbre du Flüeli-Ranft. En outre, l’association prendra en charge les affaires
opérationnelles autour du pèlerinage de l’ermite du Ranft.
Bougies virtuelles
Après l’adoption des statuts, Franz Enderli a été nommé
président de l'association avec, à ses côtés comme vice-président, l'avocat
Thomas Kappeler. Le comité est composé de 15 membres dont chacun a un lien
particulier avec le saint du Ranft. Ils viennent des trois régions
linguistiques et des deux grandes Eglises de Suisse. Y figurent notamment
Kathrin Benz Morisoli, auteure du livre Nicolas de Flüe, un déserteur (Der
Aussteiger. Bruder Klaus für Skeptiker), Michael Dietliker, pasteur réformé qui
collectionne des photos des églises consacrées à Nicolas dans le monde, et
Anne-Elisabeth Cattaneo-Python des Amis de Nicolas de Flüe de Fribourg. Peter
Spichtig, co-directeur de l'Institut liturgique de Fribourg, en fait également
partie, ainsi que Markus Ries, professeur d’histoire de l’Eglise à l’Université
de Lucerne.
En conclusion de la naissance de l’association, le 16 octobre, Doris Hellmüller, la directrice du pèlerinage, a présenté les premières activités programmées. Un chemin d’énigmes (Rätselpfad) ainsi que des visites guidées sur les pas de Nicolas de Flüe, sont proposés à Stans et à Lucerne. Il est également possible, depuis quelques mois, d’allumer une bougie virtuelle pour prier le saint ermite. Ces bougies digitales sont ensuite allumées réellement sur la tombe de Nicolas, en l’église de Sachseln. (cath.ch/ss/bl)