Les évêques catholiques du Mali ont exprimé leur «grande douleur» à la suite des attaques terroristes du 25 avril 2026 à Bamako et dans plusieurs localités de l’intérieur. Visant des installations militaires, elles ont notamment coûté la vie au général Sadio Camara, ministre de la Défense.
Le général Camara, membre influent de la junte au pouvoir, et les membres de sa famille, ont été tués lors de l’explosion d’un véhicule piégé, conduit par un kamikaze.
Les attaques étaient coordonnées et sans précédent, prenant pour cibles des objectifs militaires à Kati, principale garnison du Mali, où résident les membres de la junte au pouvoir depuis 2021, dont le président de la transition, le général Assimi Goïta. Les camps de Kidal, Gao, grandes ville du nord, Sévaré et Mopti, au centre, ont également été visés.
Soutien de la Conférence épiscopale aux autorités
Le Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans (JNIM), lié à Al-Qaïda, a revendiqué ces opérations, menées avec le soutien du Front de libération de l'Azawad (FLA), une coalition de groupes armés séparatistes à dominante touareg qui lutte pour l‘indépendance des régions Nord du Mali, à savoir Kidal, Gao et Tombouctou. Selon un communiqué du Gouverneur du Sahel, le bilan provisoire est de 19 morts et 16 blessés civils et militaires. La région du Sahel couvre les parties nord et centrale du Mali.
Dans un communiqué, la Conférence épiscopale du Mali (CEM) indique avoir «suivi avec une grande douleur» ces évènements. Adressant ses condoléances à l’Etat du Mali, aux familles endeuillées, ainsi qu’à toute la nation, elle témoigne de sa «solidarité et (son) soutien aux autorités, en cette période éprouvante». Elle a salué «avec reconnaissance le sacrifice des forces armées et de l’ensemble du peuple malien pour la défense de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité du territoire national». Elle a invité les fidèles catholiques à intensifier leurs prières durant tout le mai, dédié à la Vierge Marie, «pour la paix au Mali, au Sahel et dans le monde». (cath.ch/ibc/be)
La violence touche chrétiens et musulmans «sans différence»
Depuis 2012, le Mali traverse une crise multidimensionnelle: sécuritaire, institutionnelle et économique», mais que «récemment, la crise s’est intensifiée en raison des actions des djihadistes et de la propagation du banditisme», relève Mgr Jonas Dembélé, évêque de Kayes, président de la Conférence épiscopale du Mali.
Sur la multiplication des attaques djihadistes, l’évêque de Kayes rappelle que la violence touche tous les habitants «sans différence», chrétiens, musulmans ou adeptes des religions traditionnelles. Dans son diocèse, rapporte Vatican News, il met en avant des initiatives de dialogue entre jeunes, notamment à travers l’association An Ka Ben Mayala (AKBM), qui rassemble jeunes musulmans et chrétiens pour des rencontres et des échanges. La situation est difficile à cause des hommes, reconnaît-il, mais «c’est aussi les hommes qui peuvent inverser les tendances».
La situation la plus difficile concerne le diocèse de Mopti où il y a des zones où les prêtres ne peuvent plus aller et où certaines églises ont été profanées. Dans d’autres zones, il n’y a plus de liberté de prier: on peut se réunir en assemblée pour prier, mais on ne peut pas, par exemple, chanter». De plus, dans certaines régions, la djizîa, un impôt de capitation pour les non musulmans (dhimmis) est imposée aux chrétiens pour continuer à prier. JB