Lors de son dernier synode, fin septembre 2019 à Morat, l'Eglise évangélique réformée du canton de Fribourg (EERF) s'est intéressée à sa relation avec ses membres distanciés. Au cœur de la problématique, la sécularisation croissante de la société.
Le thème de la matinée était: "Les sorties d’Eglise: une fatalité? Ou comment rester membre toute sa vie". Le Synode de l'EERF a scruté des pistes pour que les personnes sorties de l'Eglise se sentent plus fortement reliées à leur communauté spirituelle, rapporte l'Eglise dans un communiqué.
Concurrence profane
Le sujet est parti d’un constat: "notre mode de vie,
marqué par une individualisation des activités et une multiplication des offres
de loisirs, fait que le lien à la communauté spirituelle n’est plus
automatique. La diversification des croyances et des offres de développement
personnel qui caractérise également notre contexte social peut même venir
concurrencer ou distendre les liens d’une personne avec sa communauté
paroissiale".
Au point que certains réformés en viennent à décider de
sortir de l’Eglise, "sans même savoir vraiment pourquoi", a souligné le
conférencier du jour, Christophe Monnot, professeur de sociologie des religions
à l'Université de Lausanne. Suite aux ateliers de discussion, les participants
ont convenu qu'il s'agissait de mieux comprendre le monde actuel, de promouvoir
les valeurs de la foi réformée, de renforcer les liens avec les membres
distanciés à travers de petits signes de vie, ou encore d'évaluer l’impact d’un
événement culturel d’envergure.
Les Eglises ont encore des atouts
Christophe Monnot a relevé que, loin de se désintéresser de
la spiritualité, les distanciés de l'Eglise sont souvent en quête d’expériences
et de plénitude. Dans cette quête, ils ne passent plus automatiquement par les
institutions traditionnelles de sens que sont les Eglises. Celles-ci ne sont
cependant pas dénuées d’atouts. "Et les Eglises ont raison de créer de
nouveaux langages et de nouvelles mises en formes des célébrations afin de les
rendre culturellement ancrées dans l’univers de nos contemporains", a fait
valoir le sociologue.
Les sorties de l'Eglise réformée évangélique dans le canton de Fribourg ont en effet graduellement augmenté au cours de la dernière décennie. Selon les statistiques officielles disponibles sur le site internet de l'EERF, 495 personnes ont quitté l'institution en 2018, contre 296 en 2008. En 2018, 42'139 paroissiens réformés évangéliques étaient recensés dans le canton. (cath.ch/com/rz)