Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • no_image
    Les pères du Concile Vatican I réunis dans la basilique St-Pierre © gravure d'époque

    Il y a 150 ans s'ouvrait Vatican I, un concile controversé

    Le 8 décembre 1869, 700 évêques se réunissent au Vatican sous la houlette du pape Pie IX. Le début d’un concile de quelques mois, interrompu par l’invasion de Rome le 20 octobre 1870. Dans l’intervalle, les pères conciliaires auront adopté un texte controversé sur l’infaillibilité pontificale.

    L’Europe

    du XIXe siècle est un chantier qui voit émerger les Etats modernes. Ainsi la

    Suisse en 1848. Dans l’Eglise catholique, une date marque ce siècle: 1869-1870,

    soit dix mois de concertations entre 700 évêques. C’est le concile Vatican I. Il

    s’ouvre le 8 décembre 1869,

    quinzième anniversaire de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception (1854)

    et cinquième anniversaire du Syllabus (1864), qui condamne certaines "erreurs du temps", notamment la séparation

    entre l’Eglise et l’Etat et le modernisme.

    Le

    pape Pie IX, qui convoque Vatican I, est dans une situation politique précaire.

    Au Vatican, il se trouve sous la protection des troupes de l’empereur français

    Napoléon III. Dans le contexte du Risorgimento

    l’unification italienne et la fin des Etats pontificaux- , le concile sera

    interrompu par l’invasion de Rome par les troupes italiennes, le 20 octobre

    1870. La réunion des évêques sera suspendue sine

    die et ne reprendra jamais.

    "Le concile œcuménique", caricature de "Lo Spirito Folletto" Un cheminot sur une locomotive brandit un drapeau au nom de la "Science, du Progrès et de l'Avenir" et crie au pape Pie IX : "Tire-toi, je ne peux dévier le convoi" @ archives cantonales du Tessin

    L’infaillibilité strictement déterminée

    Toutefois

    les prélats ont eu le temps de voter la constitution Dei Filius, le 24 avril 1870. Un autre texte, Pastor aeternus, est adopté le 18 juillet 1870. Il définit

    l’infaillibilité pontificale, en des termes qui auront retenu l’attention de

    tout le corps épiscopal et provoqué le départ d’une minorité d’évêques,

    notamment français, défavorables au texte.

    Résultat

    des débats, l’infaillibilité pontificale

    est strictement déterminée: le pape n’est dit infaillible uniquement dans le

    cas où, en vertu de sa charge et en matière de foi et de morale, il prononce

    solennellement et ex cathedra qu'"une doctrine doit être tenue par

    toute l’Eglise".

    Cette définition mesurée a pourtant fait l’objet

    d’affrontements puissants, en raison du contexte politique perturbé. Les

    tenants de l’ultramontanisme, qui veulent que le pouvoir politique civil soit

    soumis à Rome, se heurtent au gallicanisme, favorable à un pouvoir ecclésial

    local, non dépendant du Vatican.

    Naissance de l’Eglise catholique-chrétienne

    Vatican I, concile inachevé, reste comme un concile de

    fermeture de l’Eglise à son temps et du repli sur le pouvoir pontifical. La

    Constitution Pastor aeternus renforce

    la primauté du pape en lui donnant un pouvoir plénier et universel sur toute l’Eglise,

    les pasteurs et les fidèles. La proclamation de l’infaillibilité pontificale,

    même encadrée, secoue l’opinion publique. L’impact du texte ira au-delà des

    intentions des pères conciliaires.

    Un certain nombre de fidèles et de prêtres rejettent l’infaillibilité pontificale, notamment dans les pays germaniques, Allemagne, Autriche et Suisse. Certes, dans une lettre pastorale des évêques suisses pour 1871, Mgr Carl Johann Greith, évêque de Saint-Gall, interpréta l'infaillibilité en un sens restrictif et montra, pour dédramatiser, que l'opinion publique exagérait les effets de ce dogme sur les rapports Eglise-Etat. Mais ce n'est pas suffisant. Avec le soutien des pouvoirs publics anticléricaux, des catholiques libéraux vont bientôt se regrouper. Dès 1871, l’Association suisse des catholiques libéraux propose la création d’une Eglise épiscopale et synodale échappant à l’autorité du pape. Le Kulturkampf provoque des persécutions et des spoliations notamment dans le Jura et à Genève.

    Pie IX ayant vivement critiqué le Kulturkampf en Suisse dans l'encyclique Etsi multa luctuosa du 21 novembre 1873, le Conseil fédéral rompt les relations diplomatiques avec le Saint-Siège et, expulse le nonce apostolique. La Constitution fédérale fut acceptée peu après, en 1874, avec ses articles d'exception dirigés contre l'Eglise catholique. 1875, le premier synode de l’Eglise catholique-chrétienne se tiendra à Olten.Ce n'est qu'à la fin des années 1870 que le conflit s'apaisa, notamment après l'élection du nouveau pape Léon XIII.

    Pie IX, le pape anti-moderne

    Le pape Pie IX,  Giovanni Maria Mastai Ferretti (1792-1878), vers 1860
    Le pape Pie IX, Giovanni Maria Mastai Ferretti (1792-1878), vers 1860

    Pie IX, considéré comme anti-moderniste, s’estimant "prisonnier du Vatican" vivra finalement le plus long pontificat de l'histoire de la papauté, soit plus de 31 ans, entre 1846 et 1878."Son" concile Vatican I fut pour beaucoup d’observateurs, dépassé sur le plan dogmatique et pastoral par Vatican II (1962-1965), près d’un siècle plus tard. (cath.ch/bl/)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus