Le Procureur général du canton de Fribourg a rendu le 6 mars 2020 une ordonnance de non entrée en matière suite à la dénonciation de l'Association suisse des libres penseurs contre Mgr Charles Morerod. Cette dernière accusait l'évêque de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF), d’entrave à l’action pénale en lien avec les agissements reprochés au curé de la cathédrale de Fribourg.
Se fondant uniquement sur les éléments rapportés par la presse, l'Association des libres penseurs avait dénoncé le 18 février 2020 l'évêque de LGF pour l’infraction d’entrave à l’action pénale selon l'art. 305 du code pénal. Les libres penseurs estimaient que les actes répréhensibles reprochés à l'abbé Paul Frochaux étaient connus de l’évêque, qui avait toutefois choisi de ne pas les dénoncer à la justice,
Le Procureur général du canton
de Fribourg a décidé de ne donner aucune suite à cette dénonciation. Fabien
Gasser note que Charles Morerod, qui a revêtu sa fonction d'évêque en 2011,
ignorait tout d’un procès-verbal d'une séance tenue dix ans plus tôt en 2001 et
retrouvé depuis dans les archives de l’évêché. Il n’avait pas non plus
conscience que l’épisode que lui avait relaté le prêtre en 2016 pouvait tomber
sous le coup de la loi.
Pour le procureur, aucun
élément ne vient accréditer la thèse selon laquelle l’évêque aurait dû dénoncer
le curé de la cathédrale en 2016, puisque ce comportement lui semblait plus
relever de la morale que du droit pénal.
Rien n’indique finalement, que la
victime du curé ait été empêchée de s’adresser à la justice, qui plus est par Mgr
Morerod. Il n’y a dès lors pas d’élément objectif propre à fonder le soupçon
qu’une entrave à l’action pénale aurait pu être commise, conclut le communiqué
du procureur.
L'ordonnance du procureur n'est
pas soumise à recours. (cath.ch/com/mp)