Une occasion de faire avancer la cause des femmes sera offerte en 2015 avec les 40 ans de l’Année internationale de la femme, mais aussi, en ce qui concerne l’Eglise du moins, le deuxième volet du Synode sur la famille qui revisitera l’approche de la sexualité par l’Eglise.En défendant les enfants, les malades, mais aussi les pécheurs, les étrangers, les femmes, Jésus ne s’est pas contenté de prendre en comptes les plus vulnérables sur le plan physique. Il s’est attaqué aussi aux inégalités créées par les sociétés humaines.En ce qui concerne les femmes, l’Eglise est confrontée à un redoutable paradoxe: quels que soient les volontés affichées et les objectifs recherchés, les lectures bibliques et les théologies avancées, tant que les structures d’autorité resteront aux mains des hommes, le discours de l’Eglise sur les sexes et sur le rôle et la place des femmes dans le monde et dans sa propre institution sera déterminé à partir d’un point de vue masculin. Dans un livre choc préfacé par le jésuite Joseph Moingt, Le déni, enquête sur l’Eglise et l’égalité des sexes2, la journaliste Maud Amandier et la bibliste Alice Chablis ont démonté ce mécanisme.L’égalité entre les sexes, aux sens biologique ET social (issu de l’éducation et de la culture), n’est pas encore une réalité dans l’Eglise. En tant qu’institution, celle-ci est appelée à revoir la répartition des pouvoirs en son propre sein et à dépasser sa résistance face à la théorie des genres (les sexes sociaux)3, sans s’arrêter uniquement aux abus qui peuvent l’accompagner. C’est là une nécessité si elle veut, à la suite de Jésus, en tant que guide spirituel, inspirer par son exemple les sociétés à dépasser la peur de la femme et les visions purement déterministe ou culturelle des sexes.
Lucienne Bittar