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Denis Müller est professeur honoraire d’éthique de l’Université de Genève, où il a pris sa retraite en 2013. Il a enseigné également à l ‘Université de Lausanne depuis 1988. Né à Neuchâtel en 1947, il est pasteur de l’Eglise réformée depuis 1971. Il a exercé le ministère pastoral à Neuchâtel, à l’Eglise suisse de Londres et à Serrières. Marié, il est père de trois grands enfants et grand-père six fois. Son œuvre scientifique se compose d’une vingtaine de livres, d’une vingtaine de collectifs et d’un total de près de 400 publications. Ses deux ouvrages les plus récents s'intitulent Dieu. Le désir de toute une vie, Genève, Labor et Fides, 2016; et La marche en avant de l'écrevisse. Mémoires d'un théologien à livre ouvert, Vevey L'Aire, 2019. Il est l’auteur de nombreux articles et interventions dans les médias et sur son site personnel. Il dirige la collection Etudes de théologie et d’éthique chez Lit Verlag à Münster (Allemagne). Il a notamment enseigné et donné des conférences en Afrique du Sud, au Cameroun, au Canada, en Chine, en France et au Mexique.
La violence présente une double structure, verticale et horizontale: si elle est en apparence uniquement violence interhumaine, elle participe cependant également d’une manipulation du religieux qui peut aller jusqu’à l’imputation de la violence à Dieu ou aux dieux eux-mêmes.
Le chef-d'œuvre d’Albert Camus La Peste voulait-il prophétiser le retour de la pandémie ou était-il plutôt une parabole de la peste brune, du nazisme à peine échu? Paru en 1947, ce roman conjuguait sans doute plutôt la coïncidence de l’épidémie oranaise et de la pandémonie, ou du démonique.
Le processus de reconnaissance des communautés religieuses d’intérêt public dans le canton de Neuchâtel est une heureuse nouvelle. Une chance est en effet donnée à ces communautés de faire la preuve de leur crédibilité sociale.
Le livre de Camille Kouchner La familia grande (Paris, Seuil, 2021) a relancé le débat public sur l'inceste. Or c'est un débat aussi ancien que la civilisation occidentale, comme nous le rappellent les figures mythologiques de Jocaste et Œdipe dans la tragédie grecque.
Les pitoyables gesticulations de Donald Trump ces derniers mois n’ont fait que mieux ressortir la hauteur de vue de Joe Biden, le nouveau président américain, et la classe historique de Barack Obama.
Ce matin de décembre et d’avant, je suis devant mon blog, une page blanche, et je tourne en rond pour trouver un thème nouveau, original, différent de la routine des jours.
[NB: Samedi 7 novembre, Joe Biden a été déclaré président élu. Donald Trump ne l’a toujours pas reconnu] Trump a deux visages, car il avance masqué, même quand il transgresse les règles sanitaires et se moque des porteurs de masques. Ennemi de toute vraie démocratie, hostile aux règles de la discuss...
Le thème des générations futures est central dans la réflexion éthique contemporaine. Il faut cependant veiller à ne pas en faire un objet purement juridique et quantitatif. On dirait parfois, à lire certaines réflexions, que l’avenir appartient de manière exclusive aux générations futures et que le...
Nous vivons une époque marquée par toutes sortes de frontières. Frontières juridiques (entre les cantons, les Etats, les nations), mais aussi frontières culturelles, par exemple entre l’homme et l’animal, ainsi que le montre notre débat actuel sur la chasse, la protection des espèces, le loup.
Nous assistons à une déferlante de déboulonnage de statues. A Neuchâtel, le débat est entièrement focalisé sur le monument dédié à David de Pury, dû au sculpteur David d’Angers. Réalisée en 1848, cette statue a été installée en 1855 sur ce qui est devenu la Place Pury (PP).
Le terrorisme n’est pas seulement un phénomène social ou international porteur de violences et de chantage. C’est aussi la conséquence philosophique d’une capitulation devant la terreur. On le voit très bien aussi dans la notion de terrorisme intellectuel, qui ne doit jamais être oubliée dans une ré...
Dans un petit essai (1), je me suis surpris moi-même à tenir un peu le journal de ma vie avant le confinement. Car nous en sommes tous là: le choc du confinement et les incertitudes du déconfinement nous ont subitement replongés dans notre passé, dans la vie telle qu’elle était "avant".
Emmanuel Macron a déclaré la guerre à la peste. Albert Camus avait magistralement décrit l’emprise des pandémies. Il visait semble-t-il une peste politique, la peste brune.
La montée de l’épidémie du Covid-19 (ou coronavirus) est très révélatrice de la situation globale du monde. L’interdépendance des humains sur la planète entière devient patente, de même que les enjeux éthiques liés à la solidarité.
Nous vivons une époque de changement radical, mais on peut aussi y voir une période d’interprétations précipitées. Le néologisme hideux "collapsologie" semble en effet avoir remplacé toutes les théories apocalyptiques anciennes.
Les programmes TV de Noël, de facture principalement américaine, regorgent d’histoires sentimentales et de bonnes intentions.
Les chrétiens ne cessent de s’engager pour des causes profanes. C’est notre combat pour l’avant-dernier, comme aimait à dire Dietrich Bonhoeffer, ce grand témoin de la foi au cœur de la lutte anti-nazie.
Au fil de ma carrière académique, et même depuis ma retraite survenue en 2013, il m’est arrivé d’être sollicité par de jeunes étudiants et étudiantes, effectuant leurs études dans des domaines très divers, sciences sociales, travail social, domaine de la santé ou sciences dites dures.
Denis Müller | La période des élections fédérales (ou de toutes les autres échéances législatives de par le vaste monde) nous présente une mixture de programmes chiffrables (à défaut d’être vraiment chiffrés), de promesses cajoleuses et de projets à géométrie variable.
Denis Müller | Victor Hugo est immense et encyclopédique, alors que d’autres poètes recherchent l’excès, la folie, la radicalité. J’ai appris au Gymnase, de mon maître Gérald Schaeffer, ami d’André Breton, à respecter autant Hugo que Nerval, Rimbaud ou Baudelaire.
Denis Müller | Je viens de publier des souvenirs dans "La marche en avant de l’écrevisse. Mémoires d’un théologien à livre ouvert" (L’Aire, 2019). Pourquoi une telle tentative?
Denis Müller | Les chrétiens sont des créateurs. Disons plutôt: ils devraient l’être. 'Viens Esprit créateur', l’appel de Pentecôte ne veut pas dire que nous devons nous accrocher à ce qui est.
Denis Müller | La Semaine sainte n’est pas "simplement" un happy end, comme si tout se terminait dans une résurrection sans retour en arrière. La Semaine sainte est un tout, une synthèse vivante, ouverte sur l’ensemble de l’année et sur le totalité de la vie.
Denis Müller | Nous ne savons plus très bien de nos jours comment recourir à la notion de race pour lutter contre le racisme. L’antiracisme est devenu une sorte de vulgate ou de prêt-à-porter sans profondeur.
Denis Müller | Les Français, Emmanuel Macron en tête, viennent d’inventer la lune, en créant l’idée apparemment nouvelle de grand débat national. Cette euphorie passagère est surprenante. Vu de Suisse, ce projet pose plusieurs questions.
Denis Müller | Chaque changement d’année nous place devant notre lot de questions et de doutes. L’année qui s’ouvre sera-t-elle vraiment meilleure que celle qui vient de se clore?
Denis Müller | Nous sortons d’un dimanche de votations avec des résultats contrastés. Le peuple suisse a la chance de pouvoir se prononcer librement sur les sujets les plus variés. Quand on voit sa capacité à résister à l’idéologie (par exemple celle de l’UDC), on a de bonnes raisons de penser que l...
Denis Müller | Me voici de retour de douze jours en Ouzbékistan. Dans un premier temps, nous avons gagné Istanbul (3 heures), puis Tachkent (5 heures) en deux vols sur Turkish Airlines. Après une première nuit à Tachkent, la capitale de l’Ouzbékistan, nous avons traversé le pays de Tachkent à Ourgue...
Denis Müller | Il y a trente ans, au début de mon enseignement universitaire, je m’étais coltiné, dans un séminaire avancé, l’éthique de Foucault et donc aussi l’Histoire de la sexualité (parue en 1976, puis en 1984, année de la mort de l’auteur). Le 4e volume – posthume - de l’Histoire de la sexual...
Denis Müller | Je sors d’un stage de reconstruction, trois semaines à la campagne, avec exercices physiques, méditation, entretien, mise en forme médicale. L’objectif n’était pas seulement la perte de poids, mais aussi la remise à jour et en forme.
Denis Müller | Nous allons enfin savoir quelles équipes seront en finale de la Coupe du monde de football. Plus que deux matches, et nous saurons qui sont les trois premiers sur le toit du monde.
Denis Müller | La plupart du temps, le pape voyage très loin. Surtout depuis Jean Paul II. Mais il lui faut bien aussi raccourcir les distances. En venant à Genève, la Rome protestante, il fait d’une pierre deux coups, puisque c’est avant tout au Conseil œcuménique des Eglises qu’il consacrera son a...
Denis Müller | On a beaucoup parlé ces dernières semaines du cinquantième anniversaire de mai 68. J’ai même eu l’occasion de tisser des liens, lors d’un colloque et d’un culte récents, entre les 50 ans du Centre œcuménique de Grenoble et les 50 ans des Jeux olympiques au même endroit. C’est dire si...
Denis Müller | Avec l’âge, je fais l’expérience croissante de l’entrecroisement des calendriers. Certains de mes collègues ecclésiastiques semblent vivre selon le rythme unique du calendrier liturgique.
Le monde est un perpétuel va-et-vient. Tout change, rien n’est stable. Sommes-nous dans une époque nouvelle, période trouble, incertaine, déstabilisante ? Ou faut-il au contraire accréditer la thèse classique que plus ça change, plus c’est la même chose ?
A l'occasion de l'ouverture de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens, je voudrais ici parler du récent ouvrage de mon ami le jésuite français Bernard Sesboüé: L’acte théologique d’Irénée de Lyon à Karl Rahner. Les grandes créations en théologie chrétienne*. C’est un grand et beau panorama...
Denis Müller | Le christianisme est une religion universelle. Non pas au sens d’un universel de surplomb, indiscutable et dominateur. Mais au sens d’une recherche permanente de l’universel.
Denis Müller | Les protestants, dont je suis, sont les champions tous azimut de la réforme. L’année 2017 vient de nous le rappeler à satiété. Mais il ne faut pas que cette pulsion réformatrice devienne trompeuse. Fêter les 500 ans de Luther, c’est bien. Pas seulement pour les protestants.