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  • Des ombres sur la politique suisse?
    Des ombres sur la politique suisse? - Christian Scheidegger/Flickr/CC BY-SA 2.0

    Blog Programmes, promesses et projets

    La période des élections fédérales (ou de toutes les autres échéances législatives de par le vaste monde) nous présente une mixture de programmes chiffrables (à défaut d’être vraiment chiffrés), de promesses cajoleuses et de projets à géométrie variable.

    Ce qu’il en adviendra dans les quatre années

    suivantes demeure aléatoire et incertain. Ainsi va la politique, écartelée

    entre l’éthique des convictions et la pratique de la responsabilité, entre

    l’absolu de certitudes et l’incertitude des mises en œuvre. La population, avec

    ses réseaux sociaux et ses outils de communication, ses médias et ses moyens,

    navigue à vue de nez, comme chacun d’entre nous.

    Nous sommes tout pleins d’espoirs, d’envies,

    de projets, de désirs, auxquels nous donnons parfois la forme d’intransigeants

    absolus; et nous sommes rongés aussi par des doutes récurrents. Dans l’arène

    politique, chacun donne le change, allant jusqu’à faire semblant de défendre

    des programmes certifiés. Sûr, toutes les promesses seront tenues; nul doute,

    les projets seront des essais transformés, et non de vagues intentions bien

    pensantes ou bienveillantes.

    "La politique n’est en fait qu’une addition de coups de dés"

    Mais c’est bien cela dont souffre la vie

    politique, et ce qui provoque un malaise lors de chaque nouvelle législature:

    la politique n’est en fait qu’une addition de coups de dés, incapables d’abolir

    le hasard, les aléas, les incertitudes. Il nous faut donc nous élever à un

    niveau de réflexion plus fondamental, capable de penser en même temps la

    dignité et les contradictions du politique. Les débats politiques les plus

    violents de notre époque (Macron et les gilets jaunes, Boris Johnson et son

    refus du deal, Donald Trump et sa diabolisation de l’adversaire, l’attitude de Bolsonaro,

    quelle Europe demain? le climat et le social, etc.) sont tissés

    d’intransigeance, à coups de dualismes sommaires et d’antagonismes primaires.

    Or la politique n’est pas faite seulement de "ou bien… ou bien…" Elle

    engage aussi des synthèses, une dialectique de l’action et de la pensée, un

    retournement des thèses adverses.

    La politique tient plus du projet que du

    programme étroitement économique ou de la promesse électorale. La politique

    suppose une alliance et donc une relation de confiance non seulement avec les

    électeurs (par quoi on entend en général les électeurs du parti vainqueur), mais,

    plus profondément, avec les citoyens comme corps différencié, comme totalité

    contradictoire. Montesquieu, Rousseau, Tocqueville, Marx, Weber, parmi les

    classiques, Arendt, Habermas, Rawls, Walzer, Ricœur, parmi nos grands

    contemporains, ont pensé ce caractère systématique et englobant du politique.

    "La raison politicienne, au ras des pâquerettes, se nourrit de la guerre des partis"

    Aujourd’hui, nous nageons de manière assez

    misérable dans les turpitudes de la politique politicienne, des échéances

    électorales à la petite semaine, au lieu de nous hisser à la hauteur des tâches

    proprement politiques de la nation, du peuple comme totalité structurée. Toute

    l’attention des commentateurs politiques est concentrée sur le résultat chiffré

    des élections, sur la répartition des forces au sein du Parlement et du Conseil

    fédéral. Chaque parti expose son propre programme électoral, énonce ses

    promesses à lui, développe son projet spécifique, alors que l’enjeu politique

    est celui du programme de législature et du projet commun de la Suisse comme

    telle.

    Les questions de fond peinent à s’élaborer,

    faute d’une vision commune de la Suisse, de ses institutions et de sa

    signification internationale (européenne, donc, en premier lieu).

    La raison politicienne, au ras des

    pâquerettes, se nourrit de la guerre des partis et des intérêts. Au contraire,

    la raison politique vit et survit du questionnement plus fondamental au sujet

    du sens de l’Etat de droit et de la démocratie helvétique. Tant que nous

    n’oserons pas nous payer un tel débat philosophique, nous resterons esclaves de

    l’utilitarisme le plus médiocre.

    Denis Müller

    11 septembre 2019

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moi, je les connais,
et elles me suivent.

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    Blog Les prières idolâtres

    Est-ce qu’il suffit de prier pour que Dieu entende et exauce? Non! Il y a même des prières qu’il faut dénoncer comme idolâtres parce qu’elles instrumentalisent Dieu pour justifier le profit et l’accaparement qui écrasent et qui tuent.