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    Le curé maronite devant son presbytère détruit à Alma El Chaeb, au Sud-Liban © Thomas de la Barre ACN

    Israël rase les cimetières pour effacer la mémoire des Libanais

    Au Liban, les destructions opérées par l’armée israélienne ne frappent plus seulement les maisons, les vergers, les mosquées, mais également les cimetières. Des photos satellite montrent que des cimetières ont été rasés dans les villages frontaliers. Effacer les morts, c’est nier le droit au retour.

    Plus d’un million de personnes sont déplacées par la guerre actuelle entre Israël et le Hezbollah, débutée le 2 mars. Les démolitions massives – sur le modèle de Gaza – qui avaient commencé déjà avant la guerre, se sont poursuivies pendant les combats et se sont même accélérées après l’accord de cessez-le-feu (non respecté par Israël) du 16 avril. 250’000 habitants d’une soixantaine de villes et villages ont dû fuir au-delà de la «ligne jaune» décrétée par l’armée israélienne. C’est dans cette bande de 600 km2 que se déroulent les opérations d’éradication des villages.

    Ces destructions ne répondent pas à des nécessités militaires

    Il s’agit d’effacer la mémoire des habitants, interdits de rentrer chez eux, dénonce Amnesty International. En août 2025, l’organisation de défense des droits humains dénonçait déjà dans une enquête que les destructions massives dans le sud du Liban comprenaient des maisons, des mosquées, des routes, des parcs et des terrains de football, et même des cimetières.

    La destruction méthodique des cimetières par Israël, à l’aide de bulldozers et d’explosifs, ne répond pas à des nécessités militaires, même si la propagande israélienne entonne toujours le même refrain: il s’agit uniquement de détruire des positions du Hezbollah.

    Au Liban, on dénonce un véritable «domicide»

    Dans les faits, l’armée israélienne aidée de contractuels civils s'emploie à réduire en poussière les infrastructures civiles, les écoles, les lieux de culte, les bâtiments administratifs et les zones résidentielles. Lors d’une conférence de presse, le 22 avril, la ministre libanaise de l'Environnement, Tamara el-Zein, a dénoncé le fait qu’Israël menait une «destruction massive à tous les niveaux». Au Liban, on dénonce un véritable «domicide» – à savoir la destruction massive et délibérée de logements, visant à rendre impossible tout retour des habitants.

    Lorsqu’une guerre s’en prend aussi aux tombes, elle ne détruit pas seulement du bâti. Elle atteint les repères les plus intimes d’une communauté: la filiation, la mémoire, le droit au retour, le lien au sol, écrit le site d’information Libanews. 

    «Pris avec les déclarations israéliennes sur la destruction des villages frontaliers et le maintien d’un contrôle jusqu’au fleuve Litani, ces faits alimentent au Liban une lecture de plus en plus nette : au-delà de l’objectif militaire affiché contre le Hezbollah, c’est aussi la possibilité même d’une continuité territoriale, sociale et symbolique qui est visée», poursuit Libanews.

    Le site relève que les cimetières sont désormais inclus dans la carte de la destruction et cela relève d’une politique assumée:  «Pris ensemble, ils composent autre chose: un schéma où les espaces des morts ne sont pas épargnés, alors même qu’ils portent une valeur familiale, religieuse et territoriale qui dépasse largement leur fonction funéraire.  Le mot cimetière a, dans ce contexte, une portée plus forte que celle d’un simple site civil endommagé. Une tombe n’est pas seulement une trace matérielle. Elle est l’inscription visible d’une lignée sur un lieu. Dans les villages du sud du Liban, elle rattache une famille à une terre, à une histoire locale, à un cycle de saisons, de deuils, de visites et de rituels. Quand le cimetière disparaît, ce n’est pas seulement un morceau du paysage qui s’efface. C’est une preuve d’enracinement qui vacille. Et c’est précisément ce qui donne à ces destructions une charge politique et symbolique si lourde aux yeux des habitants déplacés».

    Israël veut détruire tous les villages proches de la frontière

    Selon l’agence Reuters, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré le 31 mars qu’Israël détruirait «toutes les maisons» dans les villages libanais proches de la frontière et qu’un contrôle sécuritaire serait maintenu jusqu’au fleuve Litani, tandis que les habitants déplacés ne seraient pas autorisés à rentrer au sud du fleuve tant que la sécurité du nord d’Israël ne serait pas garantie. Mais Israël ne pourra jamais accréditer, aux yeux du monde civilisé, que des cimetières représentent une menace pour sa sécurité. (cath.ch/libanews/be)

     

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