Se recentrer sur l’écrit, souhaitait le directeur général de Palexpo avant l’ouverture, à Genève, du Salon du livre et de la presse 2012. Combien de visiteurs ont-ils donné suite au vœu? Un certain nombre, assurément, car l’écrit est indissociable de la culture. Et la culture indispensable à la vie. Les livres, les journaux apportent aux lecteurs une nourriture de l’esprit aussi vitale que les aliments essentiels dont les ouvrages de nutrition humaine donnent les caractéristiques.Parmi maintes actions et circonstances, prendre des notes dispose à se recentrer sur l’écrit. Au Salon, on a pu voir des visiteurs sortir d’une poche calepin et stylo, ou déposer sur un bout de papier quelques mots. Il arrive aussi aux poètes du dimanche (actifs tous les jours, à vrai dire) d’observer le comportement des visiteurs d’une manifestation, et d’en conserver la nature sur un bloc-note. Voici du tout frais, l’édition 2012 du Salon du livre et de la presse n’ayant pas encore rejoint les archives.«Accueillir les mots s’offrant aux yeux, et ceux venant à l’esprit, en pensant aux lucioles illuminant la nuit»… a écrit un poète du dimanche. Il portait un petit sac à dos, se déplaçait crayon et bloc de papier blanc en main, s’arrêtait souvent au fil de sa découverte du Salon 2012. Tout occupé à observer les scènes de la vie, un poète relâche parfois ce qu’il tient en main. Qui passe là - c’est humain - se baisse, ramasse la feuille tombée du bloc-note, et avant de la tendre à son propriétaire jette un œil aux mots qui s’y trouvent: Accueillir…Un bloc-note?! Cela vous rappelle quelque chose… Voilà: vous avez fait étape tout à l’heure au stand sur lequel étaient exposés quelques-uns des livres format bloc-note, justement. Vous avez feuilleté le Guide Delachaux et Niestlé des oiseaux de France (texte et illustrations en couleur), puis le Petit traité d’histoire des religions (Frédéric Lenoir, éd. Plon), et le Nouveau testament (trad. E. Osty et J. Trinquet, éd. Siloé; texte intégral). Etonné par les dimensions de ces petits livres (8x12 cm, quelque 2 cm d’épaisseur pour les premiers, 2 et demi pour le troisième), vous avez entrepris leur découverte. Le papier bible vous a surpris en bien. La collection Point 2 vous a séduit.Un livre format… poche de chemise. Sur le cœur, en lieu et place d’une paire de lunettes! Un livre léger: cent grammes pour chacun des deux premiers nommés, deux cents pour le Nouveau Testament. La prise en main? Voulue de façon à offrir à la lecture deux pages l’une sous l’autre. Des atouts? La légèreté, la solidité, la maniabilité. Ajouter, glisse un ange passant là, l’intimité. Une révolution dans la rencontre de l’écrit et de la lecture. La liste des parutions? Chez votre libraire.Accueillir les mots. C’est dans la sphère intime de l’être humain qu’ils pénètrent. Dans un premier temps en vitrine sur la place publique, puis sur les espaces d’exposition à l’intérieur des librairies. Dans un deuxième lors du regard porté au titre, au prénom et nom de l’auteur. Dans un troisième temps, quand on saisit délicatement l’ouvrage. Un quatrième, en ouvrant le livre, puis lisant un passage. Le cinquième temps se présente avec l’achat, le placement dans un sac, le départ pour l’endroit où l’on s’accordera plein de minutes pour entrer et demeurer en lecture.La relation de l’être humain à l’écrit commence par un verbe immense: accueillir. Dix lettres. Dix doigts, deux mains tendues, largement ouvertes. Le symbole de la disponibilité, l’une des richesses offertes par l’humain à l’humanité.PhilGo