Au début 2013, Monsieur le chanoine du Grand-St-Bernard qui donniez vos cours au collège Champittet (Pully-Lausanne) dans les années 1950, vous avez quitté ce monde à 89 ans. Etrange, je pensais à vous ces derniers temps en marchant le long du Léman, près de la tour Haldimand proche du collège.La vie durant, on garde en mémoire un prof comme vous! Non seulement vous réussissiez à capter et maintenir l’attention d’élèves ayant en horreur la branche enseignée, mais étiez constamment d’une humeur remarquable lors des cours. Pareillement dans les récréations sur le terrain derrière la chapelle, terrain transformé en stade de foot le plus souvent possible. Là, subjugué par votre sens du jeu auquel les collégiens participaient, il m’arrivait de vous donner, à voix basse, du «Dondène le Grand». En soutane, avec un style de footballeur de ligue nationale, montrant l’exemple, vous entraîniez les élèves à jouer avec habileté, correction, classe quoi ! Ce que rappelle l’avis mortuaire est parfaitement exact : « …il exercera un long, et Dieu sait combien, fructueux ministère dans la formation de la jeunesse et l’enseignement… ».Comme d’autres chanoines du Grand St-Bernard enseignant à Champittet, vous étiez ouvert, solide, humain, attentif à autrui. Ajouter engagé, totalement engagé. Quand on a dix-douze ans, on passe beaucoup de temps à observer les gens, les choses. Trop selon les parents auxquels on tend le livret scolaire… Jamais assez disent de leur côté les maîtres de stage des futurs rédacteurs. Celui qui fut l’un de vos élèves avant d’entrer en journalisme bien plus tard, se souvient aujourd’hui de notre dernière rencontre.Rentrant d’une interview radio réalisée sur les hauts de la route du Grand St-Bernard, il y a un bout de temps, j’ai - comme le font les automobilistes - jeté un oeil sur les personnes attendant le car postal au bas d’un village. Vous étiez parmi elles. Coup de frein, signe d’invitation à monter à bord… Vous avez immédiatement attiré mon attention sur un jeune qui, lui aussi, devait gagner la plaine. A trois, nous avons paisiblement bavardé au fil des kilomètres, évoquant les jeunes dans le monde, leurs objectifs, mais aussi des souvenirs de Champittet, le foot.En apprenant votre décès, le mot but puis plusieurs significations se sont présentées dans ma petite tête. Je voulais vous le dire, ainsi que ma reconnaissance.PhilGo