Le passé, le présent, l’avenir… Que font-ils tous trois de chacun de nous ? Cela dépend de notre nature profonde, dit Pierre. Plutôt de notre éducation, avance Jeanne. On peut en parler pendant des heures, des semaines, s’exclame Jo.
Un certain nombre d’humains
se prêtent à l’interrogation, puis à la discussion, vivent leur vie (font avec, disent d’aucuns) le plus naturellement du monde. D’autres montrent un goût marqué pour une existence organisée, fonctionnent à l’immédiateté. Certains prononcent une formule rarement reçue par autrui avec le sourire : «on verra plus tard».Un retraité avançait l’autre jour que notre nature d’unique, celle que l’on ne partage pas avec d’autres, est constituée de trois immensités.Tout humain en est doté. Cependant, elles font rarement l’objet d’une discussion sur la place publique ou ailleurs… alors même qu’elles accompagnent chacun, chacune en permanence !Il est vrai qu’au fil des jours de leur existence, des femmes et des hommes voient le passé, le présent, l’avenir non seulement en ayant recours à toute sorte d’enseignements, mais à leur cœur, à leur relation avec la terre et le ciel, l’humanité.
Parmi les différentes natures humaines
avance un observateur, se trouvent
• celle au bénéfice d’une disposition constante à prendre sans précipitation, au fil des jours, les choses comme elles se présentent…
• Celle des champions du prêt à tout en tout temps, tout lieu…
• Celle des distraits devenant d’un coup attentifs quand ce qui arrive, se dit, se voit, s’entend les concerne au premier chef…
• Celle des « fichez-moi la paix, repassez plus tard !».
L’exploration des vivants, assure cet homme, nécessite beaucoup de temps, mais elle permet d’intéressantes découvertes … que le commun des mortels partage guère avec ses semblables. Etrange.
Au fil des jours
vivre, faire avec le présent, le passé, l’avenir. Cela rend, sinon paisible, mesuré. Et de ce fait raisonnable, estime Marc (nom d’emprunt), locataire de l’un des trois appartements du dernier étage de l’immeuble rectangulaire sur les hauts de la commune ; vous savez, la maison proche du ruisseau-frontière avec la plus grande cité du canton. Son propos résulte probablement d’un avantage : habitant sous le toit, Marc dispose d’une vue étendue non seulement sur le plus grand lac alpin d’Europe occidentale, mais également sur nombre de sommets fribourgeois, vaudois, valaisans, français, ou encore sur la chaîne du Jura à partir du Salève.De son domicile, la vue est à ce point étendue que la beauté du site, quoiqu'urbain, dispose cet homme à vivre de bonne humeur avec le présent, le passé, l’avenir. Selon lui, il est bon en toute saison de nourrir l’esprit de paysages dans lesquels la création du monde a laissé des messages pour les poètes que nous sommes tous plus ou moins. C’est du bonheur immédiat et des forces en réserve pour l’avenir.
Des forces
Parmi elles, celle qu’apporte la lumière naturelle, du lever au coucher du jour. Celle des couleurs formidables dans le ciel, sur les montagnes, ici et là dans la nature, surtout en hiver en fin de journée. Celles des musiques pour le corps, le cœur, l’esprit, l’âme.Au nombre des forces, la paix, celle dont parle Thomas Merton (1915-1968), franco-américain devenu moine. On lui doit une vintaine d’ouvrages dont La nuit privée d’étoiles, Semences de contemplation, Nul n’est une île, Le nouvel homme. Dans La paix monastique (éd. Spiritualités vivantes, éd. Albin Michel), l’auteur confie au lecteur que «La paix ne signifie pas la disparition des différences, mais leur coexistence et leur collaboration féconde ».
Indissociables
Tout humain vivant pleinement sa vie se rend compte au fil des heures, jours, mois, années, que le présent, le passé, l’avenir sont indissociables. En vivant pleinement l’instant présent, il découvre les plus beaux paysages, il prend conscience que les admirer, c’est s’ouvrir davantage à la création.Au fil des jours, sortir de soi.PhilGo