«C’est de l’homme que j’ai à parler. Rousseau et l’inégalité». Durant un an, depuis juin 2012, une remarquable exposition est ouverte dans un lieu à couper le souffle aux citadins, à savoir au Musée d’ethnographie MEG, chemin Calandrini 7 à Conches Genève. De 10 à 17 heures tous les jours, sauf lundi. Le bus pour s’y rendre porte le numéro 8.
Recommandées au public, des visites commentées sont proposées le premier dimanche de chaque mois à onze heures ; entrée libre. D’autres renseignements ? Par téléphone au 022 418 45 90. Ou par courriel : publics-meg@ville-ge-ch.C’est de l’homme que j’ai à parler. Etrange titre pour une exposition ? Non point, car il s’agit du commencement du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, paru en 1755. L’égalité, les différences, Rousseau s’exprime à ce sujet, mais le visiteur constate assez vite que les interrogations de l’auteur (28 juin 1712 – 2 juillet 1778) nous concernent toujours. Attendre le tricentenaire de Rousseau pour constater qu’il n’y a pas de société idéale ? La visite des salles du MEG, la lecture des textes, et par l’une des fenêtres à l’étage le coup d’œil sur les environs immédiats, tout dispose le visiteur à remettre en question son propre art de vivre, avant de porter un jugement, généralement sévère, sur autrui.Lors de l’inauguration de l’exposition, le 14 juin, l’une des personnes montées à la tribune a glissé dans son propos quelque chose qui n’a rien de particulier, semble-t-il : «Le MEG est un lieu d’éthique ou le visiteur est invité à engager sa propre éthique». Ajouter, pour soi, mais dont l’effet sur le public, une partie en tout cas, est durable.Dire qu’on n’est plus le même, en quittant Conches ? Plus le même un peu plus tard, oui, parce que l’esprit s’est engagé sur des pistes de réflexion auxquelles, en arrivant, on n’avait pas songé une minute. Tenter l’expérience !Oui, des questions prennent forme en visitant l’exposition, puis en s’écartant de la demeure. Sur le chemin Calandrini aussi, en regagnant Genève ou un autre lieu, elles défilent :quid de la relation entre la différence et l’inégalité ? Du rapport à l’autre; de l’identité ? Mais encore, que faire de l’interrogation posée par un propos tenu à Conches, au premier abord anodin : «Rendre les inégalités aimables» ?Par ses signaux, l’exposition bouscule agréablement le visiteur. Celui-ci, entre autres : Quand on veut étudier lles hommes, il faut regarder près de soi, mais pour étudier l’homme il faut apprendre à porter sa vue au loin, il faut d’abord observer les différences pour découvrir… Lire, relire l’Essai sur l’origine des langues, un ouvrage de J.J. Rousseau publié en 1781.Toutes les notes que prend le visiteur, tout ce que livre le catalogue, tout le vécu durant une, deux heures au MEG, chemin Calandrini 7 à Conches Genève, va revenir à l’esprit demain, dans un mois, plus tard. Parce que «construire de la connaissance» fut non seulement l’exigence d’une époque (v. «Connaître l’homme», p. 38-39 du catalogue de l’exposition), mais demeure l’un des premiers buts à atteindre pour savoir l’être. Humain.PhilGoAvec l’agence pro info