Tirée du grand livre au titre court et cependant immense - E x i s t e n c e - c’est l’histoire d’un randonneur s’étonnant devant une sorte de pont (en fait, un assemblage de planches sans âge) entravant son cheminement en des lieux sans construction ni culture d’aucune sorte.Entravant? En effet, car cloué contre un arbre un morceau de bois porte deux mots: pont privé. On verra bien, se dit le bonhomme n’ayant nulle envie de traverser, chaussé ou pieds nus, le cours d’eau brunâtre. Il emprunte donc le pont tout en décidant de contacter le lendemain swisstopo. A coup sûr, cet office fédéral pourra lui dire si tous les chemins, tous les ponts figurant sur les cartes éditées par la Confédération suisse sont accessibles au public.La réponse arrive vingt-quatre heures plus tard, pleine de sagesse, en tout cas portant à la réflexion: «Un pont ou un chemin, qu’il soit public ou privé, est noté sur la carte car il «existe», il est là, donc il est cartographié». Et l’Office fédéral de topographie d’ajouter: «aucune mention n’indique dans nos signatures s’il est privé ou non.»Il existe s’il est là… S’il existe là, c’est pour remplir une tâche. Comme il en va du pont nommé Information: d’un côté l’auteur, le metteur en page, le responsable du journal ou du site. De l’autre, le lecteur, parfois auteur à son tour quand il fait part de ses sentiments après avoir lu et relu tel texte publié. En concordance avec l’existence, partout la vie.Dans le pays, des lieux aux noms insolites, connus, savants, drôles ou carrément bizarres suscitent l’attention, appellent à se rendre sur place. Les cartes topographiques sont pleines de noms dont on se demande parfois ce qui a conduit l’autorité compétente à les choisir. Ainsi, Sisounette, sur la carte Château-d’Oex, Klaa (Gemmi), Les Italiennes (Gruyères), Bots digls Angialets (Scalettapass), Les Coeuries (Neuchâtel), Vesuv (Thun), Miredieu (Romont), Le Grand Paine (Guggisberg), Groui (Bern). Entre autres.Privé ou public, s’il est là sous nos yeux, nos chaussures, un pont, un chemin de ixième classe, un passage inférieur ou quelque autre ouvrage existe. Il existe et dès lors figure sur une carte topo. Assis chez lui ou en voyage, l’humain apparaît, lui, sur des registres. Parfois, ses jambes portent carte en main l’existant vers des ponts, des chemins, des cours d’eau. Il suffit d’avoir avec soi - information de qualité et une certaine sécurité vont de pair - une carte (celle de swisstopo pèse autour des 45 grammes), d’aimer aller par monts et vaux, pour associer le plaisir de la randonnée à celui de la réflexion, prendre goût à la paix et à la liberté de mouvement, s’offrir un temps de méditation, retrouver un bonheur tout simple quand on fredonne et celui d’avancer magnifiquement lorsque la vitesse humaine est engagée.Au cours du dernier tiers de l’année 2011, une mise à jour de neuf cartes topographiques au 1:25'000 a facilité et favorisera les déplacements des randonneurs dans les régions de S-Charl (carte 1219), Piz Quattervals (1238), Savognin (1236), Scalettapass (1217), Zernez (1218), Neuchâtel (1164), Payerne (1184), Worb (1167) et Fribourg (1185).Le premier tiers de 2012 a réjoui maints adeptes de ce que le corps médical considère comme l’un des choix les plus heureux pour préserver la santé de la population: la marche. En effet, trois livraisons de la dernière édition de cartes offrent au public l’occasion de découvrir, encore et toujours dans le détail, nombre de régions. Tout d’abord celles de Berne (carte 1166), Gemmi (1267), Schwarzenburg (1186), Münsingen (1187). Puis de Romont (1204), Moudon (1224), Murten/Morat (1165). Enfin, Gruyères (1225), Château d’Oex (1245), Guggisberg (1206), Thun (1207), Boltigen (1226), Lenk (1266). En attendant les suivantes.Mises à jour, les vingt-deux cartes publiées récemment par swisstopo (présent au Salon du Livre et de la presse, Palexpo Genève, 25-29 avril 2012), en fait toutes celles de la collection, comprennent des noms faisant naître l’envie d’aller faire connaissance des lieux.En privé et en public, exister davantage en tenant un rôle de pont lancé vers les lieux aux noms propres figurant sur la carte universelle titrée Autrui? Peut-être le Centre de Compétence Communication et Web de l’Office fédéral de topographie swisstopo (Wabern) a-t-il son idée à ce sujet. Par ailleurs, il se trouvera bien quelques lecteurs pour en faire part à cath.ch…PhilGo