Un dimanche, après les offices religieux sur les hauts et tout en bas de la commune. Proche du temple, au bord de la grande place et de l’espace-jeux aménagé pour les enfants, le «Sentier de l’église», ainsi nommé par les autorités. En fait, un chemin raide, comprenant plusieurs tronçons, certains dotés de nombreux escaliers. Les piétons empruntent le sentier pour se rendre à la gare, puis plus bas encore, jusqu’au lac.
L’espace-jeux n’est, ce dimanche-ci, à cette heure, fréquenté que par un père et sa fille. Elle tente depuis un moment de grimper dans l’un des arbres du lieu. Son choix s’est porté sur un gros hêtre offrant aux enfants ses solides branches basses. Se hissant résolument sur l’arbre, plaçant une jambe, un bras, puis l’autre à l’endroit lui paraissant le plus adéquat, Dorothée (donnons-lui ce prénom-là) s’aperçoit soudain que la progression va poser problème. Un bras paternel vient à son aide, permettant au second bras et à la deuxième jambe de la grimpeuse de prendre appui sur une branche de belle taille. La joie va cependant prendre fin. C’est l’heure de rentrer, lance le père, maman nous attend pour le dîner !Quitter le gros hêtre, oui, mais comment ? La chose n’a rien de facile. Le père et sa fille s’engagent dans une succession de paroles et de gestes dont ils attendent que le retour sur terre de l’enfant s’effectue le mieux possible. Après l’émerveillement, l’énervement gagne un rien la demoiselle. La dernière scène qu’observe le passant, avant de poursuivre son chemin, comprend maints mouvements de bras et jambes puis l’arrivée en douceur de Dorothée sur terre ferme.Proche du lac, dans le prolongement du «Sentier de l’église» par de petits chemins, à une vingtaine de minutes du gros hêtre, une église : St Maurice (VD) et, au levant, ses sept «flammes» de bois derrière l’autel. Au terme d’un recueillement, qui s’assied là peut contempler l’œuvre d’art. Contempler et - pour ceux qui aiment tout à la fois la paix, le bois, la vie du corps, du cœur, de l’esprit, de l’âme, et le ciel sur tout cela - louer le Créateur. Dans cette église, les sept «flammes» de bois ont un admirateur en permanence: le poisson sur le tabernacle, qui de la tête invite à grimper des yeux vers le haut de l’œuvre d’art, plus encore : vers deux ouvertures dans la toiture, offrant à voir une minuscule mais bien réelle partie de la voûte céleste. L’envie de faire l’ascension de cette grande œuvre prend qui fait étape dans cette église.Un hêtre au bord du «Sentier de l’église», un être dans une église. Là-bas, ici, du bois. Soudain, un mot vient à l’esprit: lumière. Il s’en trouve au sommet du hêtre, et dans l’être. Un second mot prend forme: aide. Celle du père aidant sa fille à grimper; celle du Père aidant l’humain à se ressourcer, mais aussi à porter sa croix et, en partie ou quasi totalité, celle d’une, d’un autre.Grimper, s’élever… La lumière vient d’en haut. Sept lettres dans chacun de ces mots. Pareillement dans sentier. Sept «flammes» à l’église Saint Maurice. Dimanche passé. Et les prochains.PhilGo
P.S. On écrit, on écrit... Mais connaissez-vous un prénom de saint comprenant sept lettres? Merci de venir à l'aide du chroniqueur, dès que possible.