Cela s’est produit la nuit de dimanche à lundi, je le dis à toi parce que nous nous connaissons depuis, mon Dieu, une éternité.
En me levant, j’ai tout de suite recherché les éléments ayant conduit à la formulation mentale - rien n’est sorti de ma bouche alors que tout le monde dormait - de ce «Je t’aime» venu tout à coup à l’esprit, en pleine nuit.
Quand donc a pris forme ce cri du cœur ? Pêle-même, des pistes :
…Lors de la messe samedi passé ? Cela faisait un moment que nous n’y avions pris part ensemble, L. et moi.
…Après le concert époustouflant - six concertos d’Antonio Vivaldi ! - dimanche en fin de journée en ville, donné par l’ensemble Aura soave cremona ?
…Ou vendredi déjà, au dessert, au terme d’un magnifique repas ?
…Peut-être au cours des jours passés le long des lacs de haute Engadine, cet automne, cheminant en silence dans ce paradis terrestre…
… Ah ! probablement après avoir relu, le soir même du concert, quelques pages du livre de Maurice Zundel sur l’émerveillement ?
… Ou alors sitôt terminé l’entretien téléphonique avec S. annonçant deux bonnes nouvelles ?
… A moins que cela soit venu au bout d’une longue période de tension générale, voire d’épuisement ?
…Peut-être tout ensemble, en y ajoutant d’autres faits ?
Qu’est-ce qui a conduit à former dans ma petite tête ce «Je t’aime», adressé à qui ?
Tu ne vas pas résister longtemps à poser la question, je te connais ! Alors voilà.
Au début, rien ne s’est imposé. Puis le nom du destinataire a pris forme, comme la création; enfin, ce n’est qu’une image. Finalement, quelque chose de fulgurant s’est produit. Lorsque la foudre tombe du ciel, on rentre la tête dans les épaules. Lorsqu’un être, habité par maintes pensées, maints faits, et un vécu le plus souvent intense, en vient à prononcer «Je t’aime» sans l’avoir mûri, je crois qu’il y a du ciel dans sa tête. Tellement qu’elle se tourne vers Lui.
Non, je ne t’ai pas raconté une histoire, en vitesse. Ce qui est arrivé, il fallait juste que tu le saches. On est tous frères, n’est-ce pas ? Partager rapido entre nous ce qui est exceptionnel, pour ne pas dire phénoménal, ça fait…. Toujours sous le coup, tu finiras la phrase à ma place, le mot n’est pas encore parvenu à mon cœur.
Allez, salut !
Propos recueillis par PhilGo