Ce qui a conduit à écrire «Je t’aime» (texte publié le 1er octobre) vient de pensées et de faits, du quotidien, d’aspirations, d’observations, d’une multitude de petites choses sociales, matérielles, culturelles, spirituelles, notamment, devant lesquelles soi et les autres ressentent parfois le besoin de parler, comprendre, agir seul ou à plusieurs.Au fil des jours, et pour d’aucuns des nuits, on s’interroge, conclut, entreprend ou reporte à plus tard les questions «de gros calibre», comme disait le père Martin dans sa loge de concierge. En fait, qu’est-ce qui a conduit à formuler ce «Je t’aime» ?Samedi passé, au début de l’après-midi, des grands-parents avisés décident de prendre un grand bol d’air et d’énergie avant de rendre tout bientôt service, durant plusieurs jours, à une famille loin d’ici. Faisant provision de roboratifs paysages lacustres et montagneux offerts à qui fait halte dans la partie supérieure de la route de la Corniche valdo-lémanique, entre Chexbres et Cully, puis quittant les lieux, les bien chers passent sous un site dont l’histoire…Voici. En descendant du haut du vignoble en direction d’Epesses, juste après un virage dangereux, il se trouve une croix - fait exceptionnel - au-dessus des rochers bordant la route. Une croix fixée là en souvenir des générations de pélerins se déplaçant à pied au cours des siècles pour gagner la cathédrale Notre-Dame de Lausanne. Tous n’étant pas en mesure de marcher longtemps, un lieu de recueillement prend forme à cet endroit. D’ici, on voyait alors la cathé. La végétation a fait son œuvre au fil du temps, mais gagner aujourd’hui ce site est encore possible (attention à la circulation dans le virage). Noter aussi que la croix en métal est visible du trottoir longeant la route de la Corniche.Voilà. La présence en ce canton, ce lieu, d’une croix si grande sur l’espace si réduit offert aux visiteurs et pélerins d’aujourd’hui, et dans l’immense paysage d’eau, de vignobles et de monts en face, cette présence impressionne, marque. Chez certains, jusqu’aux profondeurs de l’être.Quel lien avec le «Je t’aime» sujet d’aujourd’hui de la chronique «Les autres» ? Un mot : rencontre. Il dit tout de celle du Créateur et de l’homme. C’est sur ce lieu, assurément, que le «Je t’aime» du texte publié le premier octobre a pris forme.«Je t’aime», diront des enfants ayant écouté l’histoire, c’est venu du ciel et monté de la terre.Propos recueillis par PhilGo