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  • La Cathé de Lausanne - Echos du colloque de juin 2012

    Blog La Cathé de Lausanne - Echos du colloque de juin 2012

    La première journéeLes conférences ont exploré une douzaine de domaines : les matériaux, leur altération et conservation ; la molasse grise de Lausanne, de la roche sédimentaire détritique aux matériaux de construction séculaire ; la Cathédrale de Lausanne et la pierre (jalons historiques, approches actuelles, la molasse de l'ingénieur et celle du tailleur ; la pierre en question). D'autres exposés ont permis aux participants suisses et étrangers d'examiner les moyens et méthodes utilisés a) pour la façade de la maison Tavel à Genève (restaurer une restauration); b) la cathédrale de Fribourg (de la voûte brisée à la main perdue). Des communications ont porté sur Conservation of Molasse Sandstone from the Region of the Lake of Constance at Salem Abbey; Replacement of Natural Stone on the Façades of the Royal Palace in Stockholm (a Technical and Ethical Dilemna); la molasse (retour d'expériences dans la Drôme); Ethics and Matérials : some Spanish Exemples; la restauration de la  Cathédrale de Bagrati, Géorgie; des questions de compréhension, puis une discussion.Le lendemainAu cours de ce riche programme de travail, les participants se sont intéressés à plusieurs thèmes. Voici les principaux: Ethique et matériaux ; Chartes et conservation ; Conservation et conditions politiques ; Une stratégie pour la cathédrale. Une discussion avec la Commission technique a précédé celle avec les participants au colloque (une centaine de personnes). Une première synthèse du colloque pluridisciplinaire a mis fin à cette importante rencontre helvéto-européenne.Des objectifs et repères(extraits d‘interventions)

    L'architecte et président de la commission technique de la Cathédrale de Lausanne, Yves Golay, en voit trois : comprendre ce qu'est la cathédrale, entendre des expériences faites à l'étranger, préparer les travaux de la prochaine rénovation.En guise de repères, rapide survol d'interventions. Nombre de faits, analyses et propositions ont été présentés. Sans citer les noms et fonctions des intervenants, voici une sélection des avis, communications et expériences retenus par le chroniqueur :

    • Ici et là, est-on en présence d'une altération ou d'une dégradation ?

    • Attester la valeur de bâtiments anciens pour se replacer dans le projet voulu par l'artiste.

    • Dissocier la notion d'authenticité et de datation.

    • L'identité de biens culturels repose sur une définition et sur la présence de certains caractères.

    • Déplacer un bâtiment, par exemple une Cathédrale, aurait des conséquences sur son authenticité ; il s'agirait d'une remise en question.

    • L'altération ? Un changement à caractère neutre. On ne doit pas oblitérer l'identité d'un bien matériel.

    • La conservation ? La préservation d'une identité.

    • La porosité de la molasse grise de Lausanne s'élève de 8 à 20% du volume ; par elle (la porosité) une pierre vit.

    • La nature a horreur de ce qui dépasse le niveau de la mer (l'altération se produit quand il est dépassé).

    • L'altération, encore. Elle résulte de l'activité du soleil, de l'eau liquide, de la vapeur d'eau présente dans l'air, du vent, des polluants naturels et des autres,  de la dégradation dans les endroits humides, de la désagrégation du ciment des premières couches de grain (de la molasse).

    • Si quelqu'un connaît une pierre qui ne s'altère pas… S'il n'y a pas de produits chimiques à l'intérieur, je serais bien étonnée (propos d'une participante au colloque).

    • Le découpage architectural de la Cathédrale est tel qu'en présence de beaucoup de vent des tourbillons se forment (on imagine les effets sur la pierre !).

    Des chartes pour la conservation ?

    (extraits d‘interventions)

    Les premiers textes traitant des chartes remontent au 12e siècle (St Denis, France). Certains voient là une fonction en lien avec l'éthique. A quoi servent les chartes dans la pratique quotidienne de la conservation ? Eh bien, les conventions, les recommandations, le partage de principes sont alors considérés. En 2012,  les architectes, notamment, peuvent en tirer parti pour la conservation d'œuvres.Alors que des pierres datant du 13e siècle sont encore visibles sur la façade nord,

    une charte pour la conservation de la Cathédrale de Lausanne a été promulguée en 2009 par le Conseil d'Etat (gouvernement cantonal). Elle comprend des généralités (objet de la charte, règles de déontologie), des dispositions relatives aux travaux de conservation sur l'édifice, et d'autres concernant la conduite des spécialistes et des experts du patrimoine. Enfin, des règles relatives aux études et aux travaux. Le département cantonal en charge de la conservation du patrimoine est responsable de l'exécution de cette charte.Un participant bernois a vivement réagi. Selon lui, une Cathédrale nécessite avant tout que la pluie ne pénètre pas dans le bâtiment. Ni les déprédations ! Ce qu'il faut par ailleurs sauver, c'est l'artisanat. Un collègue de Strasbourg a ensuite insisté sur le fait qu'une charte doit inciter à l'observation et à l'analyse. "Il faut être soigné par des généralistes, et non des spécialistes !". Pour un tailleur de pierre parmi d’autres, «une cathédrale est une enveloppe qui révèle un volume fonctionnel chargé d'histoire, d'émotion, d'énergie.Toujours parmi les interventions, celles-ci : La molasse a trente millions d'années, mais c'est la main de l'homme qui l'a façonnée… Il faut une charte pour préserver le sens des mots… Une charte est essentielle pour cadrer et recadrer le but de la conservation, celui de la restauration, et transmettre ce qu'il y a lieu… La Cathédrale de Lausanne (l'un des deux lieux les plus visités de la ville, avec le Musée olympique) : un concept évolutif !Pour l'animateur du colloque, la charte est un acte politique sur lequel on doit s'appuyer.La conservation et les conditions politiques(extraits d‘interventions)

    • Le souci du patrimoine bâti, en Suisse ? Lire la Constitution fédérale.

    • La responsabilité première de la conservation du patrimoine ? Elle appartient aux cantons. La Confédération n’a pas de «M. Conservation» disant au pays comment il faut faire les choses.

    • La loi fédérale sur la protection de la nature et du paysage constitue la base de la conservation des monuments.

    • La Confédération dispose d’un instrument : la Commission fédérale des bâtiments historiques.

    Le cas de la Cathédrale de LausanneIl a fait l’objet d’une analyse. Extraits d’interventions :

    • C’est dans le fonctionnement de la société que les problèmes doivent être discutés.

    • Tant le spécialiste que le citoyen a le devoir de s’informer et d’informer.

    • Le cadre légal ne suffit pas. On peut exiger de la Confédération de transférer l’argent du privé (dons, impôts) vers la conservation des monuments historiques.

    • L’Office fédéral de la culture s’occupe du patrimoine bâti.

    • La Confédération a alloué beaucoup d’argent pour la Cathédrale de Lausanne.

    • La chose la plus grave, concernant la Cathédrale de Lausanne, c’est le désintérêt de la population. S’interroger : - Comment la société est-elle associée au regard sur la Cathédrale ? Et que fait-on avec notre patrimoine ? (Ph. Biéler, président de Patrimoine suisse).

    • En France, expose une participante au colloque, différentes actions permettent d’intéresser le public : l’émission sur le petit patrimoine entretenu par des privés ; la fondation du patrimoine (récolte de fonds pour le bâti non classé) ; la création du laboratoire de recherche des monuments historiques ; des conseils pour la conservation de la pierre et des vitraux, notamment ; la participation à des colloques internationaux pour savoir ce qui se passe et comment on gère les problèmes à l’étranger. Entre autres activités.

    • Se laisser inspirer par ce qui se passe dans les pays voisins, certes, mais comment associer la société à son patrimoine ?

    • Les «journées du patrimoine», belle occasion d’informer la population. Mais, dans les communes, le patrimoine à protéger est toujours trop cher ! Il manque une autorité chargée du patrimoine.

    • L’histoire de l’art et de l’architecture devrait faire partie du programme d’enseignement scolaire.

    • Faire comprendre, expliquer l’effort de restauration, répondre aux questions du public !

    • Les tâches à accomplir sont à présenter aux jeunes dès le jardin d’enfants.

    • Les journées «portes ouvertes au Musée» ? A mettre en valeur.

    • L’administration communale, cantonale doit in-for-mer, insiste l’intervenant.

    • Eduquer, documenter, communiquer, informer la population: le politique (autorités) doit mettre des moyens à disposition en vue d’atteindre ces buts

    • Aider les propriétaires de biens culturels.

    • Décider !!!.

    Les temps de la Cathédrale(extraits d‘interventions)

    • Celui de la valorisation symbolique et esthétique, entre autres, mais aussi le temps de la dévalorisation de la matière. Ces temps sont à l’œuvre sur la Cathédrale, édifice majeur dans le canton de Vaud…

    • Le temps - passé, présent, futur - de l’œuvre, de la construction, de la transformation, de la dégradation, un temps témoin de la mise en valeur et de la mise en péril…

    • Le temps de la pierre, de l’histoire, des difficultés spécifiques (telle la nature de la pierre)…

    • Questionner les temps à travers la charnière de la matière….

    • Entretenir la matière et l’esprit de l’identité du bâtiment…

    • Voir la faiblesse du matériau et la grandeur de l’édifice…

    • Le temps de la restauration : à Lausanne, tout commence au transept et à la tour lanterne…

    • Les travaux futurs porteront sur la tour lanterne et le rond-point du chœur…

    • Aller vers des interventions pertinentes, constantes, continues dans les lieux et temps d’intervention…

    • Le temps du besoin d’observer, de repérer continuellement les dégâts, et d’anticiper ceux-ci…

    • Accompagner en permanence les rythmes des temps, lieux, matières de l’oeuvre…

    • Ce monument mérite le respect des personnes et des moyens engagés dans la construction…

    • Il faut développer la façon de penser les ressources, l’aspect économique : un grand investissement financier n’est pas nécessairement la première chose pour le moment…

    • La Cathédrale est un monument au point de vue sources historiques ; il convient d’en faire une lecture attentive, de s’intéresser à la valeur du témoignage historique et à la valeur humaine qui l’entoure (budget cantonal)…

    • La Cathédrale est privée d’une grande partie du financement cantonal dans les temps difficiles…

    • La Cathédrale c’est, ce doit être d’abord une charpente qui ne laisse pas passer l’eau. Le problème majeur : le ruissellement de l’eau sur la pierre, les façades. C’est toujours la pierre qui fait problème; il convient donc d’augmenter sa protection contre l’eau…

    • Les temps de la Cathédrale, ce sont aussi des stratégies de communication. Il faut mobiliser l’attention de la population, favoriser son engagement… (un silence, puis) «si la Cathédrale devient très bientôt… »

    • (Note du chroniqueur : l’intervenant cesse de parler. Que faut-il comprendre :      un édifice interreligieux ? Confié aux premiers «utilisateurs», dans l’ordre de      l’Histoire : les catholiques, puis les réformés ?

    • La Cathédrale souffre de beaucoup de saccades, d’irrégularités… Il faut réformer les institutions de la Cathédrale, la gérer par une commission technique, mettre en place des structures pour une action constante, élargir le cercle à tous les milieux auxquels la Cathédrale parle…

    • Il faut situer l’entretien de l’édifice dans un cadre écologique… Dans le développement durable, précise à son tour le président de la commission technique…

    • Des volontaires compétents travaillent sur des chantiers… à l’étranger !

    • Le temps des appels à des fonds privés, aux mécènes, avec cadeaux fiscaux…est peut-être arrivé…

    • Motiver la population autour d’un projet…

    ConclusionsOn va mettre en œuvre ce qui a été discuté, puis continuer le chemin, a notamment déclaré Yves Golay, architecte epfl, président de la Commission technique de la Cathédrale de Lausanne. Le débat n’est pas terminé. Parmi les axes d’intervention pour ces prochaines années, ceux-ci :  réparation des toitures; mise en place d’une politique de maintenance; l’Etat étant propriétaire de la Cathédrale, il doit financer les travaux, mais la recherche d’un financement privé sera étudiée; une stratégie de communication est essentielle, il s’agit dès lors de parler de ce que l’on projette de faire, ce avec des spécialistes, le public (pour susciter son intérêt) et des députés. Les études pour intervenir sur le bâtiment porteront sur 2-3 ans ; une collaboration avec l’EPFL devrait être établie; un inventaire de l’histoire des travaux de restauration entrepris depuis trente ans reste à dresser. Ajouter à cela qu’il faudra travailler avec un matériau naturel, dont des pierres du tunnel du métro de Lausanne, et par ailleurs comprendre les causes des fissures.PhilGo

    En janvier 2013, un tiré à part de la «Revue des monuments vaudois» paraîtra, ainsi que les actes du colloque.

    Le printemps nous donne l'occasion de visiter les églises de nos régions, également celles de nos frères protestants | photo: l'abbatiale de Payerne

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    Ça y est! Le printemps est là. Feuilles et fleurs sont engagées dans une merveilleuse émulation pour colorier et parfumer la nature en fête. Nos rêves aussi, dans la fièvre de tous ces renouveaux, frétillent de désirs insolites, par exemple: sortir de chez soi, aller voir ailleurs, apprécier de plus larges horizons, etc…

     « Mes brebis écoutent ma voix ;
moi, je les connais,
et elles me suivent.

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