Elle. Sur le quai. Et tout de suite des questions. Qui fait quoi, comment, combien, pourquoi, mais encore ? Elle. Sur le bateau, dans les wagons, sur la place, ici, là-bas. Elle et moi tout proche d’elle. Moi en elle. On ne sait pas trop comment, pourquoi, mais encore…La foule, dans le métro. Une station; les portes vont se fermer dans une poignée de secondes. Soudain, un homme bondit, s’introduit dans le métro plein à craquer. Clac ! Portes fermées, le véhicule se met en route. Massif, l’homme lance, par trois fois : - On est trop ! Rapidement blêmes, des voyageurs se serrent contre d’autres. Des regards se troublent, des interrogations personnelles prennent forme : - Qu’est-ce qui va se passer ? Que vais-je faire ? Comment sortir à la prochaine station ? Chez certains : - Mon Dieu !On est trop ! L’homme reprend son constat. Tout le monde se tait devant pareille taille, force, volonté d’en finir avec cette concentration d’individus, en fin de journée de travail, et encore, dit-il, la veille du week-end !Une personne ayant observé la scène, connaissant la ligne, se souvenant que le prochain arrêt se produira dans une poignée de secondes, lance tranquillement, à voix haute : - On est trop ? Alors sortez dès que le métro s’arrête. Silence dans le véhicule.Une minute plus tard. L’homme est sorti. Retour au calme. Au calme ? Au silence total, en fait. Comme d’autres, des personnes âgées reprennent un peu de couleur.La foule. Donc «les autres», «d’étranges personnes», «Des gens comme vous et moi mon bon monsieur, qui pèsent pas lourd en certaines circonstances, qui baissent la tête pour disparaître de la vue d’un, d’aucuns, des fois qu’ils s’en prendraient à…»La foule, donc des gens et d’autres gens, et parmi eux des gens se disant «Mais qu’est-ce qu’il fait, le Bon Dieu?». Et, parmi les gens, des gens se demandant ce qu’un pasteur, un prêtre, une religieuse, un religieux ici présent aurait fait, dit au monsieur ayant lancé «On est trop!» s’il s’était produit un incident.Faire partie du monde, de la société, des gens, des usagers du métro, d’une église, d’une famille, eh oui, cela interpelle.PhilGo