2011 Année internationale de la forêtEn, sur, autour de soiSur soi en permanence un objet en bois, une feuille d’arbre, un fruit, une allumette. Un lien avec la nature, tel ce bout de bois qu’enfant le lecteur ramassait et conservait dans une poche ou sa chambre, joignait finalement à son trésor dûment caché au fond d’une armoire.Sur soi aussi, peut-être, sûrement… un crayon et un carnet pour recevoir des notes. Ou encore un bouquin jugé formidable et de ce fait soigné, tenu à l’écart de la bibliothèque pour «s’en occuper» particulièrement, comme s’il s’agissait d’une part de soi.Une petite pomme de pin au pouvoir magique et bénéfique, sur soi. La petite carte avec le sapin de Noël et le message chaleureux de cousin Paul invitant à découvrir ensemble la forêt près de chez lui, au lever d’un jour. Sur soi un recueil de pistes poétiques ouvrant l’esprit aux liens entre la nature et l’humain. Ou de petites chroniques bibliques ayant trait aux arbres, parues dans un magazine, découpées et glissées dans une poche pour avoir de quoi lire dans le bus du matin.Sur soi le minimum pour traverser la forêt que l’on dit sans fin. Ou la nourriture et la boisson pour vivre vingt-quatre heures seul dans les bois. Ou le livre sur les écorces et une loupe. Un chapelet, car tu ne vas pas partir si loin sans rien dit grand-mère à l’aîné de ses petits-enfants.Sur soi, sa croix. D’épicéa (sapin rouge), de sapin blanc, de pin Weymouth ou de peuplier euraméricain, elle sera moins lourde à porter, car d’un poids inférieur à 500 kg à l’état sec à l’air (15% d’eau) pour un mètre cube. Moins lourde, en effet, que celle de mélèze, pin sylvestre, aulne noir, peuplier tremble, tilleul, ou robinier, orme, frêne, érable sycomore, chêne, châtaignier, bouleau (de 500 à 699 kg/m3).La croix la plus lourde à porter ? Celle en hêtre (foyard : plus de 700 kg, état sec/m3), et surtout en charme (820 kg, état sec/m3), selon la base de référence relative à la densité des bois (source : Agenda forestier et de l’industrie du bois). Mais chacun sait que sa propre croix n’est pas faite de bois. La société des arbres peut-elle quelque chose pour les hommes, sur ce plan-là ? On va le voir, elle offre les siens aux humains, afin qu’ils les dotent d’une qualité.A musique, à pain… Voici l’arbre de la mémoire (le ginkgo), celui de la rencontre (le platane), l’arbre de l’eau et du vent (le peuplier d’Italie), à lait (le figuier), à huile (l’olivier), à parfums (le cèdre), l’arbre de la purification (le bouleau).L’arbre du feu et du sable (le pin sylvestre), l’arbre d’or (le mélèze), à musique (l’épicéa), l’arbre de Noël (le sapin pectiné), l’arbre aux mains (l’érable sycomore), à tisane (le tilleul), aux pinsons (le hêtre).Mais encore l’arbre de justice (le chêne), de la vigueur (le frêne), à pain (le châtaignier), de la vie et de la mort (l’if).Dix-huit arbres et pour chacun leur histoire, un conte, une carte d’identité fort détaillée. La population doit cela à Philippe Domont et Edith Montelle, qui ont rendu passionnantes les 256 pages d’un livre (Histoires d’arbres, des sciences aux contes) édité par Delachaux et Niestlé avec le concours de l’Office National des Forêts (France).A quand l’arbre de l’humilité, celui de la bonté, de l’assistance, de la disponibilité. Et les autres : du partage, de la qualité, de la fraternité… L’arbre de la grâce, du respect, de la paix, de la fidélité, pour bientôt ? Et ceux figurant sur une liste annexe : l’arbre de la non-violence, ceux du pardon, de la coopération, de la joie, de la prière, de l’éducation, de la générosité, de la bienfacture, de la pertinence, de la patience, à quand ?Phil'obsAvec l'agence pro info