Voici que vous entrez en mariage et que tout commence, oubliant que la vie reçue est continuité, que tout vient et va, dira-t-on en pensant au maire vous remettant le livre neuf de votre histoire désormais conjugale.Tout à la fête, au partage, vous voici portés l’un vers l’autre, l’un par l’autre, l’un et l’autre, à la fois hors des temps organisés et dans les espaces des êtres décidant librement d’établir l’union sacrée que rien ni personne ne forme à votre place.Vous voici préférer, en quelque sorte, le cœur à la seule raison, le devenir à l’une fois pour toutes, le regard neuf à l’avoir contemplé.Ce présent que vous vivez est unique, chacun de vous est unique, votre vie partagée tout autant. Unique comme l’est la création, son point de départ, et ce que vous savez de la planète humaine perçue, reçue, visitée, façonnée, portée, offerte.Voici que vous entrez en mariage et que l’esprit l’emporte sur la matière, la vérité sur l’apparence, le plus être sur le bien-être.A l’accès immédiat aux êtres et aux choses préférerez-vous la piste patiemment tracée, à l’entrée gratuite la gratuité du geste, au regard lassé l’œil vif du voyageur, aux chiffres encolonnés les mots semés ? Aux touts et riens assurés le premier jour, préférerez-vous l’eau claire qui court, l’air vif qui porte, la terre nouvelle qui donne plus qu’elle n’a reçu, le feu inlassablement nourri de l’être ?Tout appelle ; savoir écouter. Tout prend forme ; vouloir donner. Tout vit ; pouvoir offrir. Tout être devant toute chose, maintenant et en tout temps.Au fond et à la surface de soi l’infini respect, l’agréable disponibilité, l’apaisant esprit, le complice regard, la fabuleuse envie de, venant de loin, aller plus loin, le plus souvent ensemble.Vous serez félicités, encouragés, aimés aussi, aimés surtout, pour ce que vous êtes, à chaque instant, pour la continuité assumée, l’écoute offerte, le silence fait, l’action entreprise, le regard partagé. Aimés serez-vous pour la vie mise ici, là, partout, de façon que le cœur l’emporte encore sur la raison, l’humain sur toute machine, ce qui est offert sur ce qui est demandé.Vous serez associés aux groupes, intégrés aux foules, parfois étonnés, découragés un temps. Vous en aurez assez des mochetés, des oublis, des petitesses. Vous serez troublés par l’incommunicable, l’indéfinissable, l’inacceptable ; troublés par l’irrecevable, l’inexplicable, perplexes serez-vous quelque part, inquiets de votre état.En ces cas puisse votre humaine nature, dans l’infini respect, l’active tolérance, dans le salutaire droit à la différence, et le tout autant salutaire droit de ne pas se taire, puisse votre humaine nature vous donner ce qu’il faut de courage, de tempérament, de force pour vivre, vivre en vérité des êtres.Il est une vie qui propose d’élargir les voies explorées, de faire de la place aux créés, de préférer la médiation aux querelles, une vie qui invite à entreprendre en faveur du plus grand nombre. Il est une vie dont le sens n’échappe pas au bon sens, une vie qui donne, accueille, remet en selle, vivifie. Une vie respectueuse de l’intimité profonde de l’autre et des autres, quels que soient l’heure, le lieu, le temps, l’envie, l’utilité, la raison.Il est une vie où le sourire est roi, la sérénité reine, où le clin d’œil et la réflexion ont leur place. Il est aujourd’hui votre vie d’aimés en sphère nouvelle, et d’abord d’aimé(e) aimant en création continuelle.A chaque lever entrer en jour, prenant le temps de saluer Créateur et création. A chaque lever entrer en humanité, cultivant gratitude, gratuité, émerveillement.A tous deux ce message pour ce jour de mariage et les temps qui viendront après le présent ; ce message pour les heures laborieuses et les heures silencieuses, pour le point le plus bas et le point le plus haut, et l’entre-deux, ajoutent cœur à cœur les parents.Pour «tous les aujourd’hui par-dessus toutes choses à plus de deux» a écrit dans son oeuvre le P. Clément Renirkens. Pour le «point vierge de l’aube, entre les ténèbres et la lumière, le non-être et l’être», a laissé Thomas Merton, moine, auteur inoubliable lui aussi. Enfin parce que « les enfants sont un relais sur la route de l’éternité», cette petite merveille que l'on doit, celle-ci, à Fr. Weyergans.Pour tout, des mots venus des terres intérieures, destinés au grand large : le vôtre.p.c.c. PhilGo