Au Musée d'histoire de Berne, l'exposition "Qin - L'empereur éternel et ses guerriers de terre cuite" fait entrer le visiteur, jusqu'au 17 novembre 2013, dans la Chine d'il y a trois mille ans.
Il y a trente-trois ans, avec un groupe de journalistes européens, le chroniqueur a effectué en Chine un voyage d'étude (17 jours, 29'000 km, 32 heures d'avion, 53 de train, 24 de car, une heure de bateau) ayant trait non pas au domaine culturel particulièrement, mais surtout à l'environnement, un mot qui, en 1980, indisposait grandement nombre de gouvernements sur la planète. La protection de l'environnement, comme celle des œuvres d'art, appelait chaque nation à inciter sa population à changer d'état d'esprit à l'endroit des biens naturels, à préserver des valeurs ou tout simplement la vie. A l'invitation de l'ONU, à l'enseigne de "Une seule terre pour notre environnement ", une prise de conscience s'est lentement mise en place. Un certain respect à l'endroit de la culture, des arts, de l'histoire, a contribué à conserver des richesses, mieux encore : à les valoriser aux yeux de tout un chacun.
Cependant, tant en Chine - elle comptait alors 900 millions d'habitants, dont un million de "médecins aux pieds nus" dans les campagnes -.qu'en Europe ou ailleurs, trente-trois ans avant l'exposition Quin à Berne, la production intensive de biens matériels et le développement des affaires économiques l'emportaient sur la préservation de la nature, le développement de la qualité et, ce faisant, l'amélioration des conditions de vie. Un coup d'œil au programme "Environnement" des journalistes européens en voyage d'étude en Chine (juin 1980) fait apparaître un objectif identique à celui de l'exposition Qin présentement à Berne : appeler l'attention sur les richesses culturelles et sur l'impérative nécessité de bien connaître et de respecter la nature, de la protéger, de l'introduire dans les objectifs visant à l'amélioration de la vie quotidienne.
Les conditions physiques, chimiques, biologiques, sociologiques, culturelles - entre autres - dans lesquelles l'être humain se développe, forment un ensemble nommé environnement. Ajouter d'autres conditions (économiques, politiques, notamment) et ce que l'on regroupe sous les termes instruction, éducation, formation, entre autres.
"L'autre monde" est généralement exprimé par l'au-delà. L'exposition Qin, selon certains visiteurs, appelle également à s'intéresser à l'en deçà que représentent les voyages, la culture, les relations humaines, toute activité (on doit à Montesquieu "Les Chinois ont une activité prodigieuse"), la spiritualité (note : absente des domaines d'intérêt retenus par les organisateurs européens et chinois du programme du voyage d'étude 1980 des journalistes européens en Chine), mais encore tant de "constituants" de la personne humaine.
Sur terre, l'en deçà de l'au-delà demeure une voie naturelle vers la connaissance. C'est l'avis de quelques visiteurs en sortant du Musée d'Histoire, à Berne.
PhilGo