Croisés dans la rue… En face de soi dans le bus… A la caisse du supermarché… En famille… Assis sur l’un des bancs à l’église… Echangeant des propos avec des amis… Dans la file d’attente au guichet… En séance de travail… Dans la cage d’escaliers ou l’ascenseur…Eux, comment les voit-on? Nous, quel mot vient à l’esprit de qui nous voit ici, là, aujourd’hui, maintenant? Eux et nous, tous sous les yeux de tous, dans quel état?Abattus, généreux, novateurs, rustres, zélés, vauriens, rejetés, offensants, incorrigibles, habiles, froids, bienfaiteurs, appliqués, étonnants, grivois, lucides, présomptueux, zen, stupides, renfrognés, olympiens, lamentables…Il est dans la nature de l’homme de lire ses semblables, de porter un jugement définitif ou, en plus humain, de se dire que, ma foi… Mais encore de penser qu’aujourd’hui c’est ainsi et demain autrement. De voir dans l’état où l’autre se trouve le début de temps difficiles, quoi encore… Il est dans la nature de chacun d’avoir bonne apparence en présence de quelqu’un. Certains, ici, là, se demandent ce que cache une mine, une tête. Ou se gardent de penser quoi que ce soit d’un air, d’une allure, de manières.L’extérieur ne traduit pas forcément l’état intérieur, disait grand-mère. Un visage, une attitude, c’est un instant, plus ou moins prolongé, un temps si tu veux, pas toute la vie!En nous regardant plus ou moins discrètement, «les autres» se chargent d’élargir la gamme des appréciations, des commentaires.
Phil'obs
Avec l'agence pro info