La question s’est présentée de nuit, tout d’un coup, alors que son esprit vagabondait dans la liste - pêle-mêle - de ses insuffisances, désordres, buts atteints, actes complètement ratés ou en voie de réussite. Parmi, également, la liste des nécessités, dont une, étrange : faire savoir avant de mourir ce qui est apparu vital dans l’existence, la sienne en tout cas.Outre quelques moments de repos, cette nuit-là s’est passée en compagnie d’inquiétudes, de projets à mettre en route, mais également en dressant la liste des tâches toujours et encore en attente d’exécution ou de point final. Et ce n’est pas tout : peut-on oublier l’énumération de désirs profonds ?! Parmi eux, marcher en silence, se rendre au Mont Noble (Valais) parce qu’il y a là-haut comme une antichambre du paradis, sans sol ni plafond, sans paroi ni fenêtre, une antichambre dans laquelle cet humain-là, comme d’autres assurément, redécouvre après s’être assis sur une pierre, puis avoir déposé - tout déposé, y compris ce qui circule encore ou s’est fixé dans sa tête il y a deux minutes - à la fois son vécu, son présent, son attente. Remonter au Mont Noble parce qu’il se trouve là-haut non seulement deux sommets, mais deux mots-sommets : Essentiel, Eternel. Ils ont un lien très fort avec Raison et Être.C’est au petit matin que l’expression Raison d’être a vraiment pris forme. Elle l’accompagne désormais jour et nuit. Notamment quand il emprunte pedibus cum jambis quatre fois par jour en semaine, parfois le week-end, le «chemin des deux clochers», commençant par celui de l’église catholique, à proximité de son domicile, puis du temple, tout près de son poste d’activité. Raison d’être ? Un questionnement en marche sur les cinq avenues et chemins constituant son itinéraire. Non seulement là, mais partout. (Note : les pros de la santé affirment que la marche quotidienne fortifie le corps ; la marche dans sa tête contribue, elle, à garder l’être en forme).Depuis cette nuit dont il n’a pas retenu la date, mais le message, raison d’être occupe en quasi permanence son esprit. Hier, notre bonhomme a tiré de sa bibliothèque le Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale, un ouvrage édité sous la direction de Monique Canto-Sperber, paru chez puf. Il y a découvert la présence de Raison (communicationnelle, d’appétence, d’Etat, instrumentale, logique, primitive, pure, universelle…), mais encore loi naturelle, passions, sens moral, sentiments… Puis a passé au premier des mots, à ses yeux : Être. A garder de sa lecture un mot universel lui aussi : espérance. Explorer le monde des mots, s’attarder à leur(s) signification(s), un vrai bonheur. Avant de refermer l’ouvrage, le personnage auquel cette chronique s’intéresse aujourd’hui a accompagné d’un Hum…la question qui le travaille : Quelle est ma raison d’être, la principale justification de mon existence ?Le bonhomme s’est lancé dans une recherche. A l’heure qu’il est, elle n’a pas pris fin. Cependant, une première réponse est apparue : «Dieu. Demeurer en lien avec Lui». (Note : A la demande du bonhomme, ceci : réponse réelle, et non placée ici pour être dans le ton du site Internet). Un complément a suivi : «avec Le Créateur». Puis un grand vent est arrivé, suffisamment fort pour immobiliser l’esprit.Aux dernières nouvelles, l’homme au cœur de ce récit recherche toujours - il ne le cache pas - ce qui constitue l’entier de sa raison d’être. Comme à son habitude, il couvre de mots des feuilles de papier récupéré. L’une d’elles comprend cela : Dans la solitude, la paix, la disponibilité, rechercher les points de rencontre entre l’humain, la nature, la création… Être, dès lors inviter au respect d’autrui, de soi, de tous… Témoigner de la nécessité de la raison… Préserver en soi la petite musique toute simple et joyeuse - l’humilité - consolidant la croyance en Celui qui est…Encourager à explorer cette «raison d’être» qui fait partie de soi, des profondeurs à la surface, est-ce utile de nos jours alors que les moyens de communication, les informations qu’ils véhiculent débordent de savoirs et «savoirs» plus étendus les uns que les autres, cela est-il humainement raisonnable ?PhilGo