Il arrive exceptionnellement à d’infidèles paroissiens de faire un saut à l’église en semaine. «Infidèles» ils sont généralement, pensent d’aucuns, quand leur domicile ne se situe pas dans la commune sur laquelle l’église a été bâtie. Ou lorsqu’ils n’ont plus, avec le lieu de prière, aucun lien depuis la première communion du dernier de leurs enfants.Les «infidèles» figurent-ils - pour autant qu’elle existe - sur la liste des paroissiens itinérants, se rendant de temps en temps à la messe dans la paroisse de leur enfance ou une autre dont l’église leur est chère en raison de sa grande simplicité, une autre encore où l’art de s’exprimer et les homélies sont en phase directe avec les attentes et les préoccupations majeures des chrétiens membres comme tout le monde de la population, en phase avec les interrogations socio-culturelles relatives au mode d’existence, avec le vécu et le recherché par les laïcs dans le domaine de la spiritualité ?Quand un jour de semaine vous entrez à St Nicolas de Flue ou ailleurs en Suisse romande, et vous trouvez en présence de deux chiens vagabondant autour de l’autel, dans le chœur et la nef, leur propriétaire assise sur un banc… Quand trois jours plus tard, le cœur ouvert et l’œil attentif à tout, vous constatez que la clé du tabernacle est restée dans la serrure de la petite armoire sacrée… Quand encore vous découvrez un monsieur se tenant étrangement à côté du tronc des pauvres, que faites-vous ? Ce que ferait tout fidèle ou infidèle paroissien : se rendre à la cure pour signaler les étrangetés, par exemple.Stop ! Le saint patron du lieu vient de glisser ceci à l’oreille du chroniqueur: Où que ce soit, la maison du Bon Dieu est ouverte aux fidèles et infidèles en tout domaine.Cela dit, St Nicolas de Flue a profité de demander à l’homme de plume ce qu’il faisait à l’église. Sa réponse n’a pas tardé: L’état de santé de plusieurs personnes qui me sont connues, voire chères, très même, est préoccupant. Le désarroi, l’anxiété, l’affaiblissement de leurs forces physiques et mentales sont inquiétants. Côté spiritualité, c’est le silence. Je prie le ciel de venir à leur aide.Là, l’incroyable s’est produit: Tous les mêmes! dit à voix basse St Nicolas. Cela n’a pas échappé au chroniqueur. Un sujet lui est venu à l’esprit : Vrai cela, chrétiens ou pas, les autres, tous les mêmes: vite à l’église la plus proche lorsque cela va mal.
Seigneur, aie pitié de... nous tous !PhilGo