Un trio (piano, violon, violoncelle) a mis un terme musical à une journée mémorable, celle du 7 octobre 2013 à l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale Lausanne). En février, toute la presse avait parlé du lancement d’une entreprise gigantesque (voir cath.ch du 5 février 2013 : «Il y a les scientifiques, et les gens»): le Human Brain Project et son mot-clé: le cerveau. Le coup d’envoi a été donné le 7 octobre. Pas moins de 135 institutions participent au plus ambitieux projet neuroscientifique au monde, le HBP, devisé à 1,2 milliards d’euros. Une première, au bénéfice de l’être humain. Une collaboration jamais vue, selon des grands de la recherche médicale. «On commence à se mettre ensemble» a reconnu l’un des principaux responsables du projet. Trio applaudi. Avec un léger retard par quelques personnes, ici et là dans le public. Peut-être se sont-elles demandé ce qu’il faut entendre par humain… Peut-être peinent-elles à fixer dans leur tête la signification de cerveau - mot à la fois impressionnant et magique - tant les propos plaisants et déplaisants varient à son sujet dans le ciboulot d’aucuns. Est-il le siège de l’équilibre mental, de la manipulation, de la justice, de l’humanisme ? Ou la cuisine dans laquelle se mijote la méchanceté, la compréhension, l’ouverture d’esprit, la grogne ? Le cerveau toujours, siège des sentiments, de la pensée bonne ou mauvaise, de l’intelligence ? Ou lieu dans lequel se préparent les modes de pratiquer de certains médecins ou pharmaciens peu, voire pas portés sur une information accessible au plus grand nombre des citoyens ? Le cerveau toujours, une centrale de prévention ou de traitement d’un symptôme et c’est tout ? Jusqu’ici silencieux, un septuagénaire a interrogé à voix basse sa voisine : - Le cerveau peut-il rendre l’humain… plus humain, ou faut-il passer par… quoi, au juste? En ce cas, le cerveau tout seul ne serait pas maître de tout ? La dame a regardé le septuagénaire droit dans les yeux, puis haussé les épaules.
Le développement du projet
http://youtu.be/7_yCOxh-VXcExposé par l’EPFL, il a trait à six plateformes de recherche, selon HBP (The Human Brain Project). Il portera sur la neuroinformatique, la simulation du cerveau, le calcul à haute performance, l’informatique médicale, l’informatique neuromorphique, la neurorobotique. Trente mois à disposition des scientifiques pour mettre en place et tester ces plateformes! Dès 2016, précise HBP, elles seront mises à disposition non seulement des chercheurs partenaires de Human Brain Project, mais aussi - quelle ouverture, constatera le lecteur - des équipes scientifiques du monde entier.Le Prof. Richard Frackowiak (Dpt des neurosciences cliniques au CHUV) est co-directeur du projet, responsable du volet médical. Lors de la visite de presse à l’EPFL (07.10.13), le chroniqueur de «les autres» sur cath.ch lui a demandé dans quel domaine se situe aujourd’hui l’urgence, en matière d’information de la population. Réponse : la maladie d’Alzheimer, les maladies psychiatriques.La visite de presse a été l’occasion de prendre note, une fois de plus, que la prévention dans le domaine de la santé est impérative. Non seulement les médias, mais les pharmaciens et les médecins ont un rôle important à jouer. Il faut, certes, intensifier la recherche scientifique, mais également pratiquer une vision globale de l’individu, y compris celle de son mode de vie, dont l’alimentation. Cela s’impose plus que jamais.
Parmi les objectifs, l’EPFL mentionne :
NeurosciencesIntégrer un nombre énorme de données extraites de milliers d’articles scientifiques publiés chaque année sur le sujet.
NeuroinformatiqueExtraire des sources ci-dessus un maximum d’informations et les intégrer dans une cartographie décrivant tous les niveaux d’organisation de la cellule au cerveau entier.
Simulation du cerveauLes données ci-dessus serviront au développement de cette plateforme.
Plateforme de calcul à haute performanceElle devra déployer la puissance nécessaire pour ces ambitieux développements.Les médecins associés au projet se chargeront de développer les meilleures méthodes de diagnostic des maladies neurologiques afin de détecter et identifier les pathologies au plus vite, et permettre aux patients de bénéficier d’un traitement personnalisé avant que ne surviennent des dommages souvent irréversibles. La mission de la plateforme d’informatique médicale ? Compiler et analyser les données cliniques anonymisées de centaines de patients, en collaboration avec des hôpitaux et des firmes pharmaceutiques. Les plateformes d’informatique neuromorphique et de neurorobotique ont également une mission propre.
Rendez-vous dans…
deux ans et demi. D’ici là, les plateformes de recherche auront été finalisées. Les chercheurs disposeront ensuite de ce qui devrait permettre de réaliser leurs objectifs.
Un vaste projet
ayant trait à la vie humaine, comptant 135 institutions partenaires, est maintenant en route. Le monde a les yeux tournés vers l’institution coordinatrice : l’EPFL, à Lausanne. Elle bénéficie de moyens techniques importants, notamment au bâtiment des Sciences de la vie. Le service informatique travaille avec Genève et Lugano. Il dispose de 1024 ordinateurs dans le super-ordinateur-calculateur IBM Blue Gene Q, consommant peu d’énergie, pour une grande efficacité. Il figure au septième rang des ordinateurs mondiaux dits «verts». A noter son refroidissement constant, en-dessous de l’appareil, par l’eau du Léman, ce plus grand lac d’Europe occidentale, tout proche de l’EPFL.
Proches aussi,
constatera toute personne connaissant bien la région, de deux sources d’énergie… spirituelle, côté lac (s’y rendre à pied en empruntant le passage sous la grande route - il donne accès à un hôtel - puis se diriger sur la droite vers St-Sulpice en cheminant dans un premier temps sous les logements d’étudiants). Sur la gauche, dans la verdure, on distingue à peine la petite chapelle Ste Claire, toute de paix et de simplicité. Se rendre ensuite au village de St Sulpice. Fondée au 11e siècle, l’église Saint-Sulpice est devenue temple à la Réforme. Son chevet à trois absides et son clocher carré sont impressionnants. Comme à Ste Claire - si l’on se dispose à s’imprégner… - l’intérieur de l’édifice offre à tout un chacun l’énergie spirituelle qu’aucune machine d’aucune sorte n’a produit à ce jour. Des plateformes de recherche ne font pas encore l’objet de projets, semble-t-il.
V’la l’empêcheur de penser en rond
Un trio représentant a) les scientifiques, chercheurs, professeurs ; b) les médecins, pharmaciens et autres soignants ; c) les éthiciens, les délégués des traditions religieuses, les envoyés des pères et mères, un tel trio serait-il à même de veiller à ce que le peuple des humains l’emporte sur le monde des affaires économiques ? Seul un poète, et encore du dimanche, poserait cette question. Un observateur amusé ne se gênerait pas de la lancer en signalant que le Human Brain Project est passé à l’action le 7 octobre 2013. Un lundi !«En avant la musique!» diront des lecteurs. D’autres manifesteront discrètement leur joie de voir un immense projet mis en route. Demeure cette question : la santé est-elle entre les mains d’un ensemble de brillants cerveaux incapables de fausses notes ? Dans le crâne de l’homme, deux points ont leur place depuis la nuit des temps : celui d’interrogation et celui d’exclamation.PhilGo, avec la collaboration de Michèle Rupp (agence pro info) et la documentation de presse EPFL.