Mardi. Colloque à l’Institut. Aujourd’hui, la médecine sociale et préventive explorée par un économiste de la santé. Thème: Vieillissement de la population et dépense de santé. D’emblée, cette question : combien d’années de vie pouvons et voulons-nous acheter?
Dans la salle, les pros de la santé se demandent à combien s’élève la valeur d’une «année de vie», en Suisse. La réponse tombera au terme du colloque : 40 à 50'000 francs. La complexité du sujet, l’insuffisance de temps pour l’explorer, l’abondance de questions, le fait que le thème soit traité exclusivement par un pro de l’économie conduisent des auditeurs à redoubler d’attention.«Bombe à retardement que les dépenses de santé !» lance l’invité du jour, professeur au Canada et au courant de ce que l’on dit et fait du sujet à l’Organisation de coopération et de développement économique (Note : OCDE ; la Suisse en fait partie), aux Etats-Unis, en Europe, ici. Les constats, les analyses, les perspectives ? Ceci : la part de revenu allant au système de santé va croître… On économisera du fait qu’on meurt plus tard… Les petites phrases qui interpellent tout un chacun se succèdent. Soudain, celle-ci : «Les activités de la vie quotidienne aident à vivre : faire son marché, tenir ses comptes…». Au fond, des choses simples et accessibles, dit à voix basse l’homme prenant des notes à côté de la dame en bleu (Médecin ? Infirmière ? Prof ? Chercheuse ?) au dernier rang. Une ultime petite phrase tombe : «Aller voir son médecin. Pour parler de prévention».
Maintes considérations prennent certainement forme dans l’esprit de chaque participant au colloque. Parmi elles, demeurer quotidiennement actif corps, cœur, esprit, âme …S’entretenir avec autrui (Note : Canadienne, professionnelle de la médecine du travail, la voisine du chroniqueur lui a confié l’autre jour, entre deux étages de l’immeuble, combien certaines personnes retrouvent un rien de santé, un peu de bonheur quand le soignant l’encourage par un geste, deux mots, un regard vraiment humain, un bon sourire).Dans la salle, à la fois à l’écoute du conférencier et de leur propre personne, d’aucuns assurément pensent que l’on peut augmenter la durée de vie, en tout cas améliorer l’existence, par des comportements non seulement économiques mais sociaux, voire culturels. Par la spiritualité ou - reçue à travers l’éducation - une disposition portant à s’aimer les uns les autres. Parler de ce que l’on nomme les visions du monde, en fait parler de la vie peut aussi contribuer à améliorer le moral, retrouver des forces; les aînés, dans le temps, l’assuraient ; certains aujourd’hui encore.
De combien veut-on augmenter notre durée de vie ? Vivre plus longtemps avec moins de biens matériels grâce - grâce oui, semble insister discrètement le conférencier - à moins de biens matériels. Prolongeant son propos, ses questions encore : pour la santé, acheter des années de vie ou des voitures ? Et celle-là: la vie supplémentaire, quelle utilité ?Le problème de la dépendance, l’augmentation de l’âge de la retraite, tout ce qui pourrait non seulement améliorer, mais faire augmenter la durée de vie ? La date d’un second colloque n’est pas fixée. Il y a tant de grands sujets à traiter…PhilGo