Un salon parmi d’autres… Une grande vente de livres agrémentée de distractions… Une foire ouverte autant aux enfants qu’aux adultes… Un lieu où les jeux, les ambiances, les rencontres valorisent les médias… Une fête des commerçants du livre et d’autres choses… Pour les vedettes de la télévision et des grands journaux, une occasion de parader… L’endroit où l’on voit «en vrai» les auteurs… Un rendez-vous utile et agréable… Le Salon du Livre fait chaque année l’objet de considérations de toute nature. Cependant, s’il venait à disparaître, la déception serait grande, probablement.Interrogépar notre chroniqueur, le directeur général de Palexpo voit dans la vingt-sixième édition du Salon du livre et de la presse Genève - du 25 au 29 avril 2012 à Palexpo - une occasion de se recentrer sur l’écrit. Pour Claude Membrez, le Salon est avant tout une très grande manifestation culturelle.Quelque100’000 visiteurs (le salon de Paris n’en reçoit que 50'000 de plus) trouvent là une occasion unique de se procurer un seul ou des montagnes de livres, mais avant tout d’entrer en relation avec le monde de la littérature.D’aucunspensent immédiatement au tressaillement de joie, à la capacité de vibrer qu’offre la lecture d’un ouvrage au premier abord sans intérêt particulier, mais se révélant au fil des pages écrit un peu, beaucoup, entièrement pour soi. S’arrêter à un mot-balise, s’offrir le temps, tout le temps nécessaire pour permettre à l’humain de renouer avec l’immensité de cet univers nommé être.Se recentrersur l’écrit permet de prendre la mesure de soi. Au Salon, debout parmi les visiteurs feuilletant qui un livre, qui un journal. Chez soi - cette planète à laquelle on s’attache parce qu’elle est unique - en accordant au livre, à la lecture cette attention totale qui permet d’accéder au cœur de la connaissance.Un,des écrivains ouvrent des pistes sur lesquelles on s’engage sans se demander si le centre, l’essentiel, le fondamental d’une chose est pour tout de suite, tout à l’heure, demain.Le lecteurd’un livre ne connaît ni les horaires, ni les destinations. Ce qu’il vit en lisant emprunte la ligne - tantôt d’un direct, tantôt d’un omnibus - permettant d’atteindre le centre de soi. Pour éviter de s’y fixer définitivement, l’endroit fonctionne telle une gare centrale: les voies qui s’y trouvent appellent à prendre diverses directions.Se recentrer sur l’écrit?Un parcours difficile pour d’aucuns. Cependant riche, car ce qui apparaît sous les yeux rappelle au lecteur non seulement sa découverte, enfant, de l’information dans son aspect «solide» - souvenez-vous du C’est vrai, c’est écrit dans le journal - mais, plus tard, l’usage de l’échelle nommée Connaissance.Du 25 au 29 avril à Palexpo Genève.PhilGo