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  • Une retraite spirituelle n'est un séjour de bien-être
    Une retraite spirituelle n'est un séjour de bien-être - Pixabay

    Blog Abus spirituels, quand la paternité est usurpée

    Dans l’Église catholique, la parole qui s’est libérée depuis plusieurs années pour dénoncer les abus sexuels, le fait de plus en plus pour des abus spirituels. Ceux-ci, tout autant que les premiers, laissent des marques profondes dans la vie des personnes et sont à dénoncer vigoureusement et à prévenir en travaillant sur toutes nos communautés.

    Deux éléments contextuels reviennent de manière récurrente à partir d’un nombre croissant d’histoires tragiques.

    Premièrement, la fascination de l’autorité. L’Église a souvent favorisé, voire cultivé, un rapport malsain à l’autorité où celle-ci était conçue comme la prise de contrôle de la volonté de l’inférieur par le supérieur. Dom Dysmas, prieur de la Grande Chartreuse, montre la fascination exercée sur des personnes en recherche de repères par des figures radicales comme celle du staretz décrit par Dostoïevsky comme «celui qui absorbe votre âme et votre volonté dans les siennes».

    Deuxièmement, le bien de la communauté mal compris. Dans les communautés récentes, qui n’ont pas la sagesse des ordres anciens, l’enthousiasme idéaliste a pu amener à cultiver l’idée d’un abandon de soi pour la communauté, un dépouillement favorisé de manière perverse par la rhétorique du don de soi. Mais quand on est dépouillé de tout, qu’a-t-on encore à donner? On devient une marionnette manipulable, qui produit peut-être du nombre, mais qui ne donne rien, au sens riche de ce terme.

    "L’Église a souvent favorisé, voire cultivé, un rapport malsain à l’autorité où celle-ci était conçue comme la prise de contrôle de la volonté l’inférieur par le supérieur."

    La paternité dont se prévalent les abuseurs est une caricature de paternité parce que le vrai père est celui qui, apprenant à marcher à son enfant (Os 11,1-4), le conduit avec émerveillement et tendresse jusqu’au moment où il pourra le lâcher. Thomas d’Aquin nous dit qu’il offre à l’enfant ce qu’il lui faut pour une «vie humaine parfaite», c’est-à-dire une vie orientée vers Dieu où peut se déployer sa dignité d’être créé à l’image de Dieu pour la liberté et la créativité.

    Dans ce sens on devrait rejeter absolument tout discours qui tendrait à faire croire que la perfection de la vie chrétienne passe par l’abandon de sa volonté propre. L’abuseur convainc sa victime qu’il connaît la volonté de Dieu pour elle. Il nie ainsi la conscience, ce sanctuaire où chaque personne est seule avec Dieu et où la voix de celui-ci se fait entendre, dit le Concile Vatican II. La volonté ne doit pas être abandonnée, mais bien plutôt cultivée dans sa coopération avec la conscience.

    Penser qu’une personne doive se sacrifier et aller jusqu’à la négation d’elle-même pour le bien du groupe est une grave mécompréhension de ce que la tradition de la théologie morale a développé en termes de bien commun. Il ne s’agit pas d’effacer la personne au bénéfice de la communauté, mais de considérer que le bien commun cherche de manière indissociable le bien de la personne et celui de la communauté. Il implique «un commun souci les uns des autres», dit saint Paul (1 Co 12,25).

    "Il ne s’agit pas d’effacer la personne au bénéfice de la communauté."

    Le bien du tout ne peut jamais se faire au détriment de celui des parties. Si chacun des membres travaille au bien de la communauté, cet épanouissement communautaire, implique, en retour, l’épanouissement de chacun. On s’en éloigne dès qu’un membre souffre, dit encore saint Paul (1 Co 12,26), contredisant l’idée doloriste encore trop répandue que la souffrance des membres est nécessaire au bien de la communauté.

    Il faut ainsi qu’une Église qui veut cultiver la synodalité soit attentive aux multiples communautés qui la composent. Elle veillera à ce que celles-ci soient vraiment des communautés qui se reçoivent du Christ, de vraies communautés spirituelles et non pas des communautés mondaines bricolées à partir de «rêves de communauté pieuse» (Bonhoeffer).

    Même si ces communautés ont nécessairement des figures d’autorité, la parole y circule dans tous les sens et non pas de manière pyramidale et unidirectionnelle. Chaque frère et chaque sœur, dit Bonhoeffer, y est responsable de transmettre mutuellement le message du salut. Chacun est infiniment respectable parce qu’il «tient la place du Christ» et qu’il nous donné comme une grâce.

    Thierry Collaud

    25 janvier 2023

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moi, je les connais,
et elles me suivent.

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