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Thierry Collaud, né à Fribourg en 1957, est théologien et médecin. Catholique marié à une pasteur protestante, père et grand-père, il a pratiqué la médecine générale durant 20 ans sur le littoral neuchâtelois. Il est depuis 2012 professeur de théologie morale et d’éthique sociale chrétienne à l’Université de Fribourg. Son questionnement tourne autour des communautés (Église, famille, cité) que nous tentons de construire en mêlant toujours réussites et échecs. Quelle place y laissons-nous pour les plus faibles? Comment repérer les structures de péché qui les rongent et comment les remplacer par des structures de solidarité et d’amour?
Est-ce qu’il suffit de prier pour que Dieu entende et exauce? Non! Il y a même des prières qu’il faut dénoncer comme idolâtres parce qu’elles instrumentalisent Dieu pour justifier le profit et l’accaparement qui écrasent et qui tuent.
Il y a, dans la grisaille contemporaine des affaires du monde, des éclaircies réjouissantes dans lesquelles, l’égoïsme et le formatage idéologique cèdent la place à la solidarité, au souci de l’autre et à la bonté.
La mort et la souffrance de membres de la communauté doivent nous concerner tous. Même impuissante, notre présence est nécessaire. Il faut un événement comme celui de Crans-Montana pour nous rappeler que la vie est fragile et qu’une souffrance immense peut surgir là où on l’attendait le moins.
Quand tout va vraiment mal dans nos vies, dans l’Église ou dans le monde, grande est la tentation de désespérer ou de céder au cynisme désabusé.
Un baptême au hasard d’une messe en Toscane et les inquiétudes d’Urs Brosi, secrétaire général de la Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ), me ramènent à nouveau à la manière dont nous pensons l’Église: un espace à habiter pour vivre la rencontre et le partage suscités par l’inatten...
Les remous autour de la nomination, au poste de chancelier du diocèse de Toulouse, d’un prêtre condamné pour viol il y a plus de trente ans, ravivent la question de la place des abuseurs dans la communauté ecclésiale. La maladresse de l’archevêque est significative d’un malaise à ce sujet.
On se désole de la perte d’influence des Églises dans les gouvernances politiques et dans l’élaboration des lois.
L’entre-deux-papes, que nous vivons actuellement dans l’Église catholique, nous pousse à réfléchir aux liens entre cette figure d’autorité spirituelle et la communauté ecclésiale.
«Il y a un temps pour se taire, et un temps pour parler». La vertu désigne à la fois un comportement désirable parce qu’excellent, mais aussi parce qu’il sait venir au bon moment.
Poursuivant la déclinaison des vertus de l’Église, j’aimerais m’arrêter aujourd’hui sur l’hospitalité. Elle est cette disposition à s’engager dans l’accueil d’autrui pour faire cohabiter un temps nos différences et en ressortir enrichis l’un par l’autre.
Après avoir évoqué la grâce comme beauté qui se montre, il faut parler de l’humilité comme ce qui protège la grâce de l’orgueil.
Le synode se termine cette semaine à Rome et tout le monde est dans l’attente de ce qui va en sortir. Le risque est grand de juger uniquement les décisions qui auront été prises. Même si elles ont leur importance, ce qui va être déterminant c’est l’impact du processus synodal sur le visage de l’Égli...
Visiter Rome réveille chez beaucoup de catholiques l’idée qu’ils se trouvent dans un lieu particulier, au centre de l’Église. Il leur faut constamment se défaire de ce formatage pour repenser l’Église comme une communauté sous la grâce qui vit de la présence de son Seigneur, à Rome et peut-être surt...
Nous sommes de plus en plus convaincus de la nécessité écologique de préserver la biodiversité. Pourquoi alors avons-nous tant de peine à considérer la diversité des humains comme un enrichissement plus que comme une menace?
Dans une récente interview, François a dit son refus d’un diaconat féminin ordonné. L’enthousiasme synodal se trouve tout à coup sérieusement refroidi. Mais que fait-on quand on n’est pas d’accord avec le pape ?
Je terminais mon blog précédent en insistant sur l’importance pour l’Église d’aspirer à vivre de la présence du Christ en elle. La fête de Pâques, fête majeure du Christianisme, que nous venons de célébrer renforce cette exigence. Qu’est-ce que cela veut dire pour l’Église de mettre le Christ à sa t...
À quoi sert le jeûne? se demande-t-on quand il redevient d’actualité en temps de carême. On ne croit plus tellement à la notion d’ascèse expiatrice ou de divinité à se concilier. On en ferait plutôt un exercice d’autocontrôle purifiant ou un acte de justice climatique.
Nouvel-An. Dans un monde où les nouvelles versions des smartphones, des programmes informatiques, des voitures ou des séries télévisées se succèdent à un rythme soutenu, 2024 sera-t-elle une nouvelle année que l’on sort fébrilement de sa boite en ayant déjà expulsé l’autre de notre champ de vision?
«L’enfer c’est les autres». Souvent on répète cette phrase d’un personnage de Sartre dans sa pièce Huis-Clos, sans y réfléchir, comme si c’était une évidence. Alors on se protège des autres. On plante des haies de thuyas d’une hauteur phénoménale pour être sûrs de ne pas être vus par les voisins. To...
La crise que traverse actuellement l’Église catholique appelle un changement culturel profond qui doit se traduire par une réorganisation qui ferait passer la partie dirigeante de l’Église d’une position de surplomb à une position d’immersion.
Je viens de participer à une rencontre de médecins qui avait pour thème les attentes des patients qui interpellent les soignants, soit par leurs caractères excessifs, sortant du domaine du soin proprement dit, soit parce qu’elles les placent devant leurs limites humaines, leurs non-toute-puissance.
Crise écologique, inégalités économiques, crise des migrations, abus dans l’Église. Le monde dans lequel nous vivons est loin d’être parfait et pourrait être désespérant. Cependant les époques qui nous ont précédés ne l’étaient ni plus ni moins.
Le bien de l’Église est-il une sorte de «raison d’Etat» qui justifie toutes sortes d’entorses à la moralité au nom de la visibilité et de l’efficacité de l’institution, ou ne dépendrait-il pas plutôt de la fidélité à une parole instituante que ne cessent de blesser nos compromissions humaines?
Dans nos pays d’ancienne chrétienté, la reconfiguration du christianisme entraîne une diminution du nombre visible des fidèles. Des bâtiments sont moins utilisés amenant parfois à leur fermeture et à leur désaffectation, vécues douloureusement en raison de l’investissement affectif et spirituel dont...
Dans l’Église catholique, la parole qui s’est libérée depuis plusieurs années pour dénoncer les abus sexuels, le fait de plus en plus pour des abus spirituels. Ceux-ci, tout autant que les premiers, laissent des marques profondes dans la vie des personnes et sont à dénoncer vigoureusement et à préve...
Qu’est-ce qui se cache derrière les cadeaux que nous ne pouvons pas nous empêcher d’échanger au moment des fêtes de fin d’année? Qu’est-ce qui fait la valeur d’un cadeau? Qu’est-ce, au fait, qu’un vrai cadeau?
Où l’on voit qu’il est de la plus haute importance de parler des choses qu’on aurait envie de taire et qu’il n’y a pas de communauté saine sans paroles qui circule entre tous.
Où l’on voit qu’il est de la plus haute importance de parler des choses qu’on aurait envie de taire et qu’il n’y a pas de communauté saine sans paroles qui circule entre tous.
La reine d’Angleterre est morte. Étonnant de voir tant de personnes pleurer une souveraine qui n’avait aucun pouvoir politique.
Été, chaleur, on limite son activité, la nature est au ralenti, sèche, assoiffée, vulnérable, pauvre. Trop de soleil, pas assez d’eau. Troisième fois cet été, sonnette d’alarme, crise climatique. Ne nous savons que faire. Tout arrêter ou faire de la cosmétique pour surtout ne rien changer sur le fon...
Pro-life qui rient, pro-choice qui pleurent. La décision de la Cour suprême étatsunienne, qui laisse chaque État libre de décider d’interdire ou non l’interruption de grossesse, fait couler beaucoup de salive et d’encre ces jours. Je suis professeur d’éthique chrétienne, convaincu que toute vie créé...
On a peur pour l’Église. Le nombre des participants aux activités diminue, les rentrées financières également, on a l’impression que la société déchristianisée nous est hostile ou, pire, nous ignore superbement.
La guerre peut-elle être juste? Y a-t-il une «bonne violence»? La violence est toujours un mal, même si parfois dans notre imperfection nous ne trouvons pas d’autre alternative.
Écouter est beaucoup plus impliquant que donner la parole. Il s’agit de faire entrer l’autre chez soi et d’être prêt à se laisser déplacer par lui.
Le processus synodal tel qu’il se cherche et s’expérimente actuellement dans l’Église catholique nécessite, pour se déployer, une circulation organisée de la parole dans l’entier de la communauté ecclésiale. Il prend la figure de l’assemblée ou de l’arbre à palabre où la parole circule entre tous et...
Dans une interview récente, je disais qu’il était vital pour l’Église catholique qu’elle adapte son langage moral, mais que cela ne signifiait pas qu’elle doive verser dans le relativisme.
Le scandale des abus de toute sorte dans l’Église ne peut plus être ignoré. Régulièrement, comme des rappels vaccinaux, des rapports ou des témoignages viennent nous redire ce que pourtant nous savions déjà, comme pour réactiver notre honte.