La chute de Saddam Hussein avait ouvert la boîte de Pandore. Pourtant tous semblaient satisfaits, en 2003, de la fin de la guerre qui avait chassé le dictateur irakien. Seule la France, par la voix de Jacques Chirac, avait tenté de s’opposer au conflit généré par les attentats du 11 septembre 2001. Depuis, c’est la gabegie. L’Irak est de plus en plus divisé. Les soldats américains sont partis et la guerre civile syrienne a favorisé les djihadistes, qui ont investi le nord d’un Etat affaibli et contesté.Une ombre supplémentaire au triste tableau du Proche-Orient: Israël, Territoires palestiniens, Liban, Syrie (depuis plus de trois ans) et Irak (depuis plus d’une décennie) sont tous dans la tourmente. Et l’Occident semble lassé des cris qui lui parviennent de cette partie du monde. Aujourd’hui, la guerre fratricide entre musulmans s’affiche ouvertement. Sunnites et chiites s’affrontent. Et les confrontations sont de plus en plus violentes en Irak. Avec des actions militaires ou terroristes sanglantes.Que de sang, de haine, de souffrances: les populations fuient les combats, les frontières à l’intérieur du pays se déplacent, les gouvernants semblent impuissants, les Américains y font revenir leurs conseillers... Quand l’Irak sera-t-il enfin stabilisé? Paradoxalement les Etats-Unis s’allient à l’Iran pour tenter de contenir les musulmans radicaux, partis de Syrie. Et l’Iran, déjà impliqué dans la guerre au pays d’Assad, utilise la crainte de l’énigmatique «Etat islamique en Irak et au Levant» pour recouvrer la sympathie de l’Occident.Jeux étranges et avenir incertain, mais victimes par centaines: l’Irak sombre dans le chaos. Et nous détournons le regard de ce champ de mines permanent. La France avait prévenu que la guerre au pays de Saddam aurait des suites ingérables. Personne ne se doutait à l’époque que les Syriens s’entredéchireraient. Mais une chose est sure: la fin du dictateur irakien donne raison à Chirac. En 2003, la mort s’est installée en Irak. Durablement, hélas...
Bernard Litzler