Le suspense aura donc pris fin le 8 juillet. Jean-Marie Lovey est le nouvel évêque de Sion. Spontané, l’actuel prévôt du Grand-St-Bernard semblait étonné du nombre de journalistes présents à l’évêché pour le rencontrer, en ce mardi matin. Car l’attente a été longue: Rome semble prendre de plus en plus son temps pour repourvoir les sièges vacants. Les montres suisses tournent plus vite que celles du Vatican.Et l’impatience pointait dans le Vieux-Pays où chacun s’était pris au jeu des pronostics. Heureusement la nomination de Mgr Lovey met fin au jeu des spéculations. Personnalité équilibrée et sympathique, homme de terrain, montagnard profond et vrai, le successeur de Mgr Norbert Brunner semble taillé pour la tâche. Candidat le plus consensuel parmi les autres «épiscopables», le natif d’Orsières incarne ce Valais simple et ouvert au monde. La congrégation du Grand-St-Bernard n’a-t-elle pas porté l’Evangile jusqu’au Tibet, lieu de martyre d’un des siens, Maurice Tornay? Et les chanoines qui accueillent avec chaleur celui qui grimpe au Simplon ou au col du Grand-St-Bernard ont encore des frères à Taïwan, en face de la Chine populaire.«La joie de l’Evangile», devise du nouvel évêque de Sion, le relie au pape François. On peut y voir le même souci de cordialité qui habite les deux hommes, ainsi que leur foi rassurante et habitée. Dans un diocèse doté de fortes intuitions évangéliques, avec une pastorale familiale active, une jeunesse qui porte haut les couleurs de l’Evangile, Mgr Lovey part avec des atouts. A lui de faire fructifier cet héritage, loin des querelles qui ont assombri la fin du ministère de Mgr Brunner.Jésus est un chemin de bonheur pour l’homme. Les premiers mots de Jean-Marie Lovey ont rappelé cette évidence. Le nouvel évêque saura, à n’en pas douter, faire passer cette foi vivante. Le Valais croyant, parfois perçu comme désuet, a encore des messages à envoyer à la Suisse romande.
Bernard Litzler