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  • Notre société veut que nous soyons de plus en plus spécialisés (Pixabay.com)
    Notre société veut que nous soyons de plus en plus spécialisés (Pixabay.com)

    Blog Déchirer le filet de la spécialisation

    L’autonomie n’est pas un droit de l’homme au même titre que la liberté, pourtant elle en est la condition et la concrétisation. Sans autonomie pratique, la liberté devient rapidement une notion abstraite. Or, à l’époque contemporaine, la course à la spécialisation a pour contrepartie l’accroissement des interdépendances et donc l’abdication de l’autonomie.

    L’aspiration à l’autonomie, à l’autodétermination, à

    l’identité, sont inscrites au plus profond de la nature humaine. Il suffit pour

    s’en convaincre d’observer la joie de l’enfant à chaque fois qu’il conquiert

    une nouvelle parcelle d’autonomie, ou – à l’inverse – de regarder la douleur de

    celui qui subit une perte d’autonomie du fait du grand âge ou de la maladie.

    Les grand discours et déclarations politiques parlent de liberté, dans son principe, mais glissent sur les conditions de l’autonomie. Or, c’est dans le quotidien de la vie ordinaire que s’acquiert et se forge l’expérience multidimensionnelle de l’autonomie, et de son contraire, la dépendance. Comment définir l’autonomie, comment la mesurer? Dans une première approche, elle peut être appréhendée comme l’ensemble des choses qui peuvent être faites sans dépendre d’une entité extérieure. Ainsi, l’autonomie se décline à divers niveaux: celui de la personne, de la famille qui habite sous le même toit, d’une communauté politique locale, voire nationale, etc…

    Que savons / pouvons-nous faire nous-mêmes?

    Depuis une ou deux générations déjà, nos sociétés se sont

    lancées dans une course à la spécialisation qui culmine aujourd’hui en

    hyperspécialisation. Elle est présente dans tous les domaines, dans celui du

    monde professionnel, des objets, des services, des savoirs et des compétences.

    Chacun, personne ou entreprise, université ou région, est – ou aspire à être –

    le ou la spécialiste de quelque chose de bien particulier. Il espère et attend

    que les autres s’adressent à lui au moment où ils auront besoin de sa

    spécialité. Mais la course à la spécialisation a aussi un revers, une face

    cachée: qui se nomme dépendance, ou plus exactement l’interdépendance des uns

    par rapport aux autres. Tout cela au détriment de l’autonomie progressivement

    rognée par la spécialisation.

    Que savons / pouvons-nous faire nous-mêmes? Certains ont la chance de cultiver un potager, d’autres de savoir réparer leur voiture ou leurs appareils ménagers, d’autres encore de coudre et de faire des confitures. Certains savent encore comment composer leurs menus en fonction de leurs maladies, comment peindre ou bâtir, mais ces compétences sont de moins en moins présentes. Ces plages d’autonomie disparaissent, parce qu’elles sont abandonnées sans résistance au nom des spécialistes et de la spécialisation.

    "D’un côté nous sommes toujours plus pointus, mais de l’autre toujours moins autonomes"

    Marx, jadis, avait mis l’accent sur l’aliénation du

    travailleur qui, avec l’industrialisation, était sur le point de perdre la

    maîtrise et la compréhension de son œuvre pour devenir un exécutant de pièces

    identiques. Aujourd’hui, l’aliénation ne serait-elle pas en train de gagner

    notre quotidien de consommateur passif des objets et services que nous tend le

    "spécialiste", le site ou le magasin "spécialisé". Or ce

    même spécialiste – que chacun d’entre nous est dans sa vie professionnelle – se

    spécialise sans cesse.

    D’un côté nous sommes toujours plus pointus, mais de l’autre

    toujours moins autonomes, pris dans le filet de la spécialisation. L’enjeu en

    vaut-il la chandelle? A partir de quel point l’autonomie devient-elle trop

    étriquée pour permettre le développement intégral de la personne humaine, prôné

    par l’enseignement social chrétien? Un thème à mettre à l’agenda des réflexions

    personnelles, familiales mais aussi politiques en 2020.

    Paul H. Dembinski

    30 décembre 2019

     « Mes brebis écoutent ma voix ;
moi, je les connais,
et elles me suivent.

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    La firme Anthropic a refusé que le Pentagone utilise sans restriction les programmes développés par elle

    Blog Comment l’Église catholique monte au filet sur l’intelligence artificielle

    Au milieu du tumulte causé ces semaines dernières par l’administration Trump à l’endroit de Léon XIV, une information à bas bruit est passée plutôt inaperçue. En mars de cette année, aux États-Unis, la firme technologique Anthropic, spécialisée dans l’intelligence artificielle, et créatrice de l’age...

    Michel Danthe Michel Danthe 22/04/2026
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    Évangile du dimanche Évangile de dimanche: Il fallait la mort...

    Sur la route d’Emmaüs, Cléophas et son ami sont incapables de reconnaître le Ressuscité dans le voyageur qui chemine avec eux. Tous les indices de la résurrection sont pourtant réunis, ils en conviennent.

    Pierre Emonet Pierre Emonet 17/04/2026
    Christ ressuscité avec les apôtres. Fresque dans le cloître de Santa Maria Novella à Florence

    Évangile du dimanche Évangile de dimanche: Paix et Pardon, plus forts que la mort!

    Désarçonnés, les disciples ont besoin de se rassembler pour comprendre ce qui est arrivé. Ils se retrouvent donc ce soir-là, toutes portes verrouillées… Et là, Jésus vient… et se tient au milieu des disciples enfermés. Comment pourraient-ils croire qu’il est ressuscité ?

    Blog L’infini se cache ici-bas

    Ce matin, en regardant la vapeur s’élever de ma tasse de thé, j’ai pensé à vous, lectrices et lecteurs de ce site cath.ch. À nous. À ces instants, si banals, où l’éternité semble se glisser dans notre quotidien sans que nous n’en prenions garde. Nous passons nos vies à chercher le sacré dans les gra...

    Nadine Manson Nadine Manson 08/04/2026
    “La découverte du tombeau vide“. Par Fra Angelico, fresque vers 1437-1446, détail. Musée national San Marco, Florence.

    Blog "Comment vivre ce matin de Pâques?"

    Comme Marie-Madeleine? Comme Simon-Pierre ? Comme Jean? «Marie-Madeleine se rend au tombeau de grand matin. C’était encore les ténèbres…et le tombeau est vide». Dans la Bible, le mot ténèbres désignent d’abord l’absence de vie. Et effectivement la vie n’est plus là, c’est le vide.

    Pete Hegseth, ministre américain de la Défense, a demandé à Dieu de donner à son armée d’exercer «une violence extrême contre ceux qui ne méritent aucune pitié»

    Blog Les prières idolâtres

    Est-ce qu’il suffit de prier pour que Dieu entende et exauce? Non! Il y a même des prières qu’il faut dénoncer comme idolâtres parce qu’elles instrumentalisent Dieu pour justifier le profit et l’accaparement qui écrasent et qui tuent.