Les bonnes relations entre amis s’entretiennent et le temps des vacances y fut particulièrement favorable. Une virée ensemble, des retrouvailles autour d’une grillade, l’envoi de photos, autant de gestes d’amitié ou tout au moins de politesse qui démontrent un élémentaire savoir-vivre.
Alors comment entendre cette affirmation de Jésus: n’invite pas tes amis, ni tes parents…
Lui est invité par un des chefs des pharisiens pour prendre son repas. Il observe et raconte une parabole. Autrement dit, il se sert de ce qu’il voit pour parler d’autre chose qui est voilé.
Mais que remarque-t-il?
Un invité qui se met à la première place. Pour agir ainsi, il faut que cet homme ait une haute estime de lui-même et qu’il se pense supérieur à tous les autres. Mais arrive le maître de maison! Lui sait quels sont les convives et lui seul est habilité pour signifier quelle est la juste place de chacun. Alors il parle et déplace.
Passer de la première à la dernière place: quelle humiliation! C’est dire l’immense écart entre deux appréciations, deux jugements, deux regards. Ce déplacement devant tous les autres casse la belle image que se faisait de lui-même ce premier invité.
L’image de soi, l’image des autres… Notre société ne favorise-t-elle pas à outrance ce réflexe d’évaluation personnelle ou sociale, en se fiant à son seul jugement?
Ce même convive, s’il s’installe directement à la dernière place, entendra le maître lui dire: Mon ami, avance plus haut. L’humilité dont cet homme ferait preuve, laisse deviner qu’il se déplacera sans fanfaronnerie, sans arrogance ni fierté.
"Jésus nous demande de manifester une bonté plus désintéressée, en prenant soin des pauvres, en ayant l’audace de sortir du cycle bien huilé de la réciprocité: je t’invite, tu m’invites."
Dans la parabole, Jésus parle d’un repas de noces, alors qu’ici ce n’en est pas un. D’ailleurs, comme d’autres fois dans l’évangile, étrangement, les mariés n’apparaissent pas. Où Jésus veut-il nous emmener?
A son époque, le banquet de noces était une image classique du Royaume de Dieu, de l’alliance entre Dieu et son peuple. Jésus vise donc les relations de l’homme avec Dieu, alors chacun de nous est concerné, invité, mais parmi d’autres. Dans le cœur de Dieu, ce ne sont pas forcément les plus cultivés, les plus riches, les plus religieux qui ont la meilleure place, mais ceux et celles dont toute la vie est réponse d’amour à l’invitation aimante de Dieu.
C’est donc aujourd’hui que nous prenons la place que nous occuperons dans l’éternité!
Cette place, nous la préparons aussi lorsque nous sommes appelés à pratiquer nous-mêmes l’hospitalité. Inviter nos amis nous procure du plaisir; nos frères et nos parents? c’est remplir son devoir; nos riches voisins? Ils nous font un honneur.
Or, Jésus nous demande de manifester une bonté plus large, plus désintéressée en prenant soin des pauvres, en ayant l’audace de sortir du cycle bien huilé de la réciprocité: je t’invite, tu m’invites; je te rends un service, tu me rends la pareille…
Être heureux quand autrui n’a rien à nous donner, ne peut rien nous rendre car cela nous sera rendu à la résurrection des justes. N’est-ce pas là un bonheur à notre portée dès aujourd’hui?
"Ami, monte plus haut!", nous dira Dieu en nous accueillant auprès de lui.
Sœur Véronique | Vendredi 26 août 2022
Lc 14, 1.7-14
Un jour de sabbat,
Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens
pour y prendre son repas,
et ces derniers l’observaient.
Jésus dit une parabole aux invités
lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places,
et il leur dit :
« Quand quelqu’un t’invite à des noces,
ne va pas t’installer à la première place,
de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui,
viendra te dire : ‘Cède-lui ta place’ ;
et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place.
Au contraire, quand tu es invité,
va te mettre à la dernière place.
Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira :
‘Mon ami, avance plus haut’,
et ce sera pour toi un honneur
aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ;
qui s’abaisse sera élevé. »
Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité :
« Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner,
n’invite pas tes amis, ni tes frères,
ni tes parents, ni de riches voisins ;
sinon, eux aussi te rendraient l’invitation
et ce serait pour toi un don en retour.
Au contraire, quand tu donnes une réception,
invite des pauvres, des estropiés,
des boiteux, des aveugles ;
heureux seras-tu,
parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour :
cela te sera rendu à la résurrection des justes. »