Alors
que le prophète Isaïe annonce un Messie qui apporte la paix ardemment souhaitée
et réconcilie toutes choses, faisant droit aux petits et aux humbles, Jean-Baptiste
le présente comme celui qui tient «la pelle à vanner» et brûle la paille, faisant
ainsi place nette. Celui qui vient est donc un Messie fort qui «baptise dans l’Esprit
Saint et le feu», pas un Messie guerrier, mais celui qui mettra fin à toute
violence et détruira toutes les haines en raison de son amour brûlant pour
toute personne.
L’œuvre
de Jean-Baptiste est au service de ce Messie dont il se juge indigne. Jean est
l’humilité même et la sobriété, éclatant encore aujourd’hui dans notre société
de consommation comme un signe prophétique. Pourquoi cet homme aux vêtements
étranges attire-t-il à lui? A cause de la curiosité qu’il suscite? A cause de
la vérité qu’il assène aux Pharisiens, ces ultras-purs, comme aux Sadducéens,
cette caste sacerdotale jalouse de son pouvoir? Il attire par Celui qui lui
donne autorité. Il attire par sa parole, libre et vraie, qui s’adresse aux
cœurs qui cherchent Dieu, qui ont soif de réconciliation et de paix.
Et
nous? Nous pouvons nous aussi nous mêler à cette foule et nous interroger sur
le désir qui habite notre cœur. Que cherchons-nous? Après quoi courons-nous? «Convertissez-vous»
dit Jean-Baptiste. Ce que nous cherchons nous est donné; Celui que nos
cœurs désirent sans le savoir ou sans pouvoir l’exprimer nous est montré. Alors
tournons notre regard intérieur vers lui. Et laissons-nous guider vers ce Messie qui
vient et qui nous déroute par la simplicité de sa naissance. Laissons-nous
désarmer, laissons-nous façonner par la paix qu’il nous donne.
"Ce que nous cherchons nous est donné; Celui que nos cœurs désirent sans le savoir ou sans pouvoir l’exprimer nous est montré."
Dieu
est inattendu dans ses desseins. Les enfants d’Abraham ne sont pas
nécessairement ceux qui sont nés dans le peuple d’Israël. Dieu créateur est
capable de faire surgir ces enfants d’Abraham à partir de pierres parce qu’«il
donne la vie aux morts» (Rm 4,17). Parole difficile pour nous, comme elle
l’était pour ces hommes au cœur de pierre! Elle ouvre ainsi la porte au
repentir. Les arbres qui ne portent pas de fruit méritent la mort car la mort
ne peut que mourir. Ce que le prophète Isaïe annonce, ce que Jean-Baptiste proclame,
«tout cela, dit saint Paul, l’est pour notre instruction».
Les
promesses ne sont pas devant nous; elles sont accomplies avec la naissance de Jésus
de Nazareth. L’inattendu de Dieu est là. Cet inattendu, c’est que la
miséricorde de Dieu atteint ceux et celles qui n’en sont pas dignes, aux yeux
des Pharisiens et des Sadducéens comme aux nôtres. Tous, sans exception, nous
sommes les destinataires de la miséricorde infinie de Dieu.
Laissons-nous
ouvrir à l’espérance que porte «la racine de Jessé, étendard dressé» sur notre
monde! Elle est l’unique garantie que la vie triomphe de la mort, le bien du
mal, l’amour de la haine.
Chantal
Reynier | Vendredi 6 décembre 2019
Mt 3, 1-12
En ces jours-là,
paraît Jean le Baptiste,
qui proclame dans le désert de Judée :
« Convertissez-vous,
car le royaume des Cieux est tout proche. »
Jean est celui que désignait la parole
prononcée par le prophète Isaïe :
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.
Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau,
et une ceinture de cuir autour des reins ;
il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage.
Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du
Jourdain
se rendaient auprès de lui,
et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain
en reconnaissant leurs péchés.
Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens
se présenter à son baptême,
il leur dit :
« Engeance de vipères !
Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?
Produisez donc un fruit digne de la conversion.
N’allez pas dire en vous-mêmes :
‘Nous avons Abraham pour père’ ;
car, je vous le dis :
des pierres que voici,
Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.
Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres :
tout arbre qui ne produit pas de bons fruits
va être coupé et jeté au feu.
Moi, je vous baptise dans l’eau,
en vue de la conversion.
Mais celui qui vient derrière moi
est plus fort que moi,
et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales.
Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient dans sa main la pelle à vanner,
il va nettoyer son aire à battre le blé,
et il amassera son grain dans le grenier ;
quant à la paille,
il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »