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  • | © Flickr/Lawrence OP/CC BY-NC-ND 2.0
    | © Flickr/Lawrence OP/CC BY-NC-ND 2.0

    Évangile du dimanche Evangile de dimanche: la gloire et la joie

    Nous salivons déjà en voyant la vigne, encore toute timide en ce printemps, qui prépare lentement ses pousses pour qu’au temps de la récolte la vendange soit prometteuse. Cette lente transformation de l’énergie de la terre, qui prépare la montée de la sève pour que gonfle le grain, a besoin de la juste association entre la nature et l’humain.

    Le «fruit de la vigne et du travail des hommes» nous est donné pour qu’il devienne pour nous «le vin du Royaume éternel».

    Ce que nous célébrons à la messe de ce dimanche, c’est la vie de Dieu communiquée à tous pour notre bien et pour notre joie. Dans le premier testament la vigne évoque immédiatement l’alliance entre Dieu et son peuple. Elle demande beaucoup de soin pour grandir et porter son fruit. Nous comprenons que Dieu prend soin de son peuple pour le porter à maturité.

    Après s’être présenté comme le berger de l’humanité, Jésus se donne à nous comme la vraie vigne. Les deux images évoquent le même rassemblement vital. Ici Jésus ajoute que son Père est le vigneron pour nous inviter à la vie commune. En effet, il n’y pas de vie commune sans un lien quasi organique entre les partenaires.

    L’alliance avec Dieu nous offre de demeurer avec lui pour qu’à son contact nous soyons vitalisés en permanence. De même que la vigne permet à la sève de monter jusqu’au fruit, de même Jésus permet à l’amour de Dieu de monter en nous et d’établir une fraternité universelle.

    Les anciens considéraient ces paroles comme une méditation eucharistique proposée par Jésus à ses disciples et, par eux, à toute la communauté humaine, à la multitude comme le disent les paroles de la consécration.

    "Nous comprenons que Dieu prend soin de son peuple pour le porter à maturité."

    C’est bien autour de la table dressée dans la demeure commune que nous sommes invités pour nous réjouir de boire à la coupe du «sang de l’alliance nouvelle et éternelle».

    C’est donc un véritable don de lui-même que Jésus nous offre: en s’identifiant à la vigne il s’engage corps, âme et sang pour que soit insinuée en nous la vie même de Dieu. Pour «que naisse en nous le désir ardent de risquer et de mettre en jeu toutes nos forces et notre vie même pour nos frères» - H.U. von Balthasar.

    La transformation de l’énergie de Dieu en fraternité humaine a besoin, elle-aussi, d’une juste association entre le divin et l’humain. En Jésus est réalisée la promesse que cette association soit porteuse du fruit de l’amour de Dieu. C’est ce qui fait la gloire de son Père, autrement dit son désir profond, sa fierté.

    Dans la Bible, la gloire de Dieu, c’est la mise en lumière de sa présence au cœur du monde, la communication de son être dans la nature humaine. Pour que la volonté du Père soit faite «sur la terre comme au ciel», Jésus nous offre que ses paroles demeurent en nous comme la nourriture de notre communion fraternelle.

    Et il ajoutera plus loin qu’il nous dit cela pour que « ma joie soit en vous et que notre joie soit complète!» Dieu n’a pas d’autre désir que notre bonheur. Sa joie bouillit d’impatience de devenir notre joie! Pas étonnant que le vin de nos vignes en soit devenu le sacrement!

    Philippe Matthey | Vendredi 30 avril 2021

    Jn 15, 1-8

    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples :
    « Moi, je suis la vraie vigne,
    et mon Père est le vigneron.
    Tout sarment qui est en moi,
    mais qui ne porte pas de fruit,
    mon Père l’enlève ;
    tout sarment qui porte du fruit,
    il le purifie en le taillant,
    pour qu’il en porte davantage.
    Mais vous, déjà vous voici purifiés
    grâce à la parole que je vous ai dite.
    Demeurez en moi, comme moi en vous.
    De même que le sarment
    ne peut pas porter de fruit par lui-même
    s’il ne demeure pas sur la vigne,
    de même vous non plus,
    si vous ne demeurez pas en moi.

    Moi, je suis la vigne,
    et vous, les sarments.
    Celui qui demeure en moi
    et en qui je demeure,
    celui-là porte beaucoup de fruit,
    car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
    Si quelqu’un ne demeure pas en moi,
    il est, comme le sarment, jeté dehors,
    et il se dessèche.
    Les sarments secs, on les ramasse,
    on les jette au feu, et ils brûlent.
    Si vous demeurez en moi,
    et que mes paroles demeurent en vous,
    demandez tout ce que vous voulez,
    et cela se réalisera pour vous.
    Ce qui fait la gloire de mon Père,
    c’est que vous portiez beaucoup de fruit
    et que vous soyez pour moi des disciples. »

     « Mes brebis écoutent ma voix ;
moi, je les connais,
et elles me suivent.

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