«Celui-ci est mon Fils bien-aimé»:
en cette fête du baptême du Christ, le Père lui-même nous dévoile l’identité
profonde de Jésus. Il nous invite à porter un regard de foi sur Jésus,
jusqu’ici incognito dans son village de Nazareth.
Souvent, nous avons une
représentation aseptisée de sa vie, et surtout de son enfance. Nous en avons
fait une sorte de conte de fée plein de merveilleux. Alors nous oublions à quel
point Jésus s’est fait semblable à nous, hormis le péché. Il a consenti à naître
à l’écart auprès des bergers, à être un enfant, puis un adulte en famille à
Nazareth, avec Marie et Joseph, et cela pendant 30 ans.
C’est ce que l’on appelle «la vie
cachée», oui cachée autant que manifestée, cachée avant d’être manifestée.
Jésus, le Fils bien-aimé du Père était là, sanctifiant les tâches et tous les
instants de la vie quotidienne, sans pourtant être connu ni reconnu, sinon de
Marie (et Joseph mais qui disparaît très tôt de la scène).
Et un jour, Jésus rejoint la foule
des pécheurs se pressant au bord du Jourdain pour se faire baptiser par Jean.
Pourquoi, alors qu’il est sans péché? Jean d’ailleurs s’en étonne et cherche à
détourner Jésus de cette démarche. Si Jésus tient à la vivre, c’est parce que
c’est là, au désert, que l’attente du Messie était la plus vive. Depuis la
révélation du Sinaï, notre Dieu aime la solitude et l’écoute du désert pour se
révéler. C’est donc là que Jésus va commencer son ministère. Mais auparavant,
son cœur est rempli de plénitude: rempli de la communion avec son Père et avec
l’Esprit Saint qui descend sur lui.
“La foi n’est pas purement et simplement une connaissance, surtout pas seulement une connaissance intellectuelle de Jésus.“
L’événement, selon S. Matthieu, est
intime: c’est Jésus qui fait cette expérience. Mais maintenant que
l’évangéliste l’a mise par écrit, cette scène devient pour nous comme un
portique solennel ouvrant sur le ministère de Jésus. Dieu nous le révèle comme
étant le Bien-Aimé, habité pleinement par l’Esprit. Nous sommes donc nous aussi
des témoins, associés nous aussi à cette révélation pour qu’ensuite nous nous
souvenions qu’un regard humain porté sur Lui ne suffit pas. Il nous faut toute
la lumière du ciel et le respect dû à Dieu pour ouvrir notre cœur, notre
esprit, illuminer et purifier notre regard. Sinon, nous en resterions aux
apparences.
La foi n’est pas purement et
simplement une connaissance, surtout pas seulement une connaissance
intellectuelle de Jésus. Elle est une connaissance, mais éclairée par l’Esprit
Saint. Et parfois nous trébuchons, soit que l’obscurité soit trop épaisse, soit
que la lumière soit trop vive. Cette scène du baptême nous montre Jésus en
communion avec le Père, dans l’Esprit. Elle nous dit aussi la joie du Père
d’avoir enfin parmi les hommes un fils, son Fils, pour entrer en communion
profonde avec Lui et pour nous entraîner dans cette aventure de foi et de joie.
Jean-Michel Poffet | Vendredi 10 janvier 2020
Mt 3,13-17
Alors paraît Jésus.
Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain
auprès de Jean,
pour être baptisé par lui.
Jean voulait l’en empêcher et disait :
« C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi,
et c’est toi qui viens à moi ! »
Mais Jésus lui répondit :
« Laisse faire pour le moment,
car il convient
que nous accomplissions ainsi toute justice. »
Alors Jean le laisse faire.
Dès que Jésus fut baptisé,
il remonta de l’eau,
et voici que les cieux s’ouvrirent :
il vit l’Esprit de Dieu
descendre comme une colombe et venir sur lui.
Et des cieux, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé
en qui je trouve ma joie. »