Il était une fois une «ancienne reine pieuse», comme l’a qualifiée le quotidien Le Monde. Fabiola, épouse du roi Baudouin, est décédée le 5 décembre, à l’âge de 86 ans. Plus de vingt ans après son mari, la reine des Belges a quitté ce monde. Elle avait soutenu avec ardeur son mari dans sa fonction et ses choix. Car la famille royale demeure un élément central pour l’unité de la Belgique.Il était, aussi, une foi au sein de ce couple croyant. Sans enfants, Fabiola et Baudouin ont vécu une autre fécondité, attentifs aux enfants, aux défavorisés, aux laissés-pour-compte. Rares sont les familles régnantes qui ont autant vécu leur foi au Christ dans la simplicité, l’engagement sans relâche, la vie de prière. Comme couple, ils ont rejoint le Renouveau charismatique, qui a dynamisé leur manière d’être… et de régner. Dans un pays où la fraction laïque croise volontiers le fer avec l’Eglise catholique, la reine et le roi ont cheminé humainement et spirituellement, dans la confiance. Et lors des obsèques de Baudouin, en 1993, le monde a découvert ce geste stupéfiant: la reine y assista vêtue de blanc, en signe d’espérance en la résurrection.Fabiola a continué à gérer ses œuvres sociales. Jusqu’à son testament, qui indique qu’elle lègue son patrimoine privé à une association, les «Œuvres de la reine», qui soutient les personnes défavorisées.La Belgique pleure son ancienne reine, dont la popularité dépassait le cadre institutionnel. Fabiola a été, durant sa vie, «la mère de tous ses compatriotes, en particulier ceux qui sont blessés par la vie», ont écrit les évêques belges à l’annonce de son décès. Issue d’une vieille famille aristocratique espagnole, elle a prouvé que la foi est un moteur puissant. Et que la vraie noblesse, c’est celle du cœur.Bernard Litzler