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    Blog Faut-il répondre à toutes les attentes?

    Je viens de participer à une rencontre de médecins qui avait pour thème les attentes des patients qui interpellent les soignants, soit par leurs caractères excessifs, sortant du domaine du soin proprement dit, soit parce qu’elles les placent devant leurs limites humaines, leurs non-toute-puissance.

    Que faire d’une demande à laquelle on ne peut pas répondre? Mais à l’inverse, que faire devant ceux qui, résignés ou désespérés, n’attendent plus rien? Que faire aussi des attentes auxquelles on ne veut pas répondre parce qu’elles menacent la personne du patient, notre propre intégrité morale ou une juste répartition des ressources limitées dans les systèmes de santé.

    Le fait de dire «Non!» dérange parce qu’on a l’impression de décider pour l’autre ce qui est bon pour lui. On l’a fait abondamment et abusivement durant les belles années du paternalisme médical. Depuis les années 1970, le mouvement de réaction et de revendication des droits des patients a poussé le balancier dans la direction opposée en valorisant à l’extrême l’autonomie individuelle.

    On a certes gagné beaucoup de choses en reconnaissant la valeur centrale de la personne, mais, à cause d’une focalisation extrême sur l’individu et ses préférences, on a sorti celui-ci d’une communauté dont le médecin fait aussi partie.

    “Que se passerait-il si, arrachant la haie de thuyas, , je m’associais avec le voisin pour habiter ensemble nos jardins réunis?”

    Pour la théorie éthique qu’on appelle "l’utilitarisme des préférences", une société est d’autant meilleure que le nombre de ses membres qui peuvent réaliser leurs propres préférences est élevé. Au contraire, la société la meilleure ne serait-elle pas une société qui saurait faire advenir collectivement du sens sans écraser les préférences individuelles, mais en sachant les intégrer dans une préférence co-construite? Certes il s’agit d’un difficile exercice d’équilibre sur un chemin de crête entre individualisme et collectivisme.

    La réflexion sur ce sujet est généralement piégée par l’affirmation, que l’on propage sans la questionner, que l’autre est une menace pour ma liberté. On répète trop facilement l’adage: «Ma liberté s’arrête là où commence celle du voisin». Mais que se passerait-il si, arrachant la haie de thuyas qui nous enferme chacun dans son monde, je m’associais avec le voisin pour habiter ensemble nos jardins réunis? Nos préférences individuelles deviendraient irréalistes dans ce nouveau contexte et devraient se réorienter en fonction du projet commun. Est-ce que cela serait un appauvrissement ou un enrichissement?

    «L’homme c’est la Joie du Oui dans la tristesse du fini»

    Paul Ricoeur

    Les désirs, les attentes, et même les projets de vie ne sont jamais des absolus. Ils le deviennent cependant si nous les rigidifions et si nous sommes incapables de constamment les redéfinir en fonction des circonstances, des rencontres, des relations, qui reconfigurent l’espace où nous les déployons.

    Trop souvent, l’attente irréaliste que le médecin reçoit vient de l’incapacité d’être dans cet espace commun, chacun avec sa vulnérabilité et ses limites propres. Il s’agirait bien plutôt de savoir ou de réapprendre à co-habiter dans ce lieu de vie en nous enrichissant les uns les autres. Nous verrions alors que demeurer ensemble dans nos lieux de finitude et de vulnérabilité et y densifier nos liens n’est pas contraignant, mais paradoxalement libère les individus prisonniers de leurs attentes d’autoréalisation et augmente leur créativité et donc leur liberté.

    Pour parler de ces lieux où nos préférences sont confrontées au principe de réalité qui les contredit souvent, le philosophe Paul Ricoeur parle de la «tristesse du fini». Pour lui, la manière d’en sortir, c’est le consentement qui n’est pas une capitulation, mais un recentrement: «Je dis voici mon lieu, je l’adopte; je ne cède pas, j’acquiesce; cela est bien ainsi... “. C’est là que l’humain se révèle pleinement, quand il acquiesce au fini et sait y déployer sa vie: «L’homme c’est la Joie du Oui dans la tristesse du fini» dit encore le philosophe.

    Thierry Collaud

    10 août 2023

     « Mes brebis écoutent ma voix ;
moi, je les connais,
et elles me suivent.

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