La liturgie trouve son sens par son lien tant avec un mystère qui nous dépasse qu’avec les réalités ordinaires.J’en fais l’expérience souvent, mais le contact avec un ordinaire étrange et avec une liturgie particulière me permet d’en percevoir encore mieux la profondeur.La semaine dernière, Alidor, un de nos étudiants, « auxiliaire laïc » de notre communauté, s’est mis à la peinture. Quelques murs ont été blanchis à la chaux et je le voyais aller et venir dans la maison crotté de blanc, de la tête aux pieds et du t-shirt aux bouts des ongles ! Il resplendissait tout sourire dehors de voir la maison resplendir...Puis dimanche, c’était la fête de la première communion, dans toutes les paroisses du diocèse. Dans la nôtre, 40 jeunes catéchumènes ont reçu en même temps le baptême et la première communion. C'est souvent le cas ici, le baptême des petits enfants étant assez rare car les familles sont rarement " en ordre" et contrairement aux injonctions actuelles du Pape François, on ne baptise pas les bébés de parents non sacramentellement mariés.Se sont donc déployés – car ici on prend le temps – tous les rites du baptême et de l’eucharistie : signation, onctions, proclamation de renonciation au diable et d’adhésion à la foi, vêtement blanc, cierge, remise du chapelet ... et parmi tout ceci un rite qui m’était très exotique, parce que prévu par le rituel propre congolais, le rite de la chaux.Le prêtre trace sur l’avant bras du nouveau baptisé, une croix avec un peu de chaux mouillée. Le contraste entre la peau et la chaux est évocateur ! Ainsi s’agit-il de faire resplendir la nouvelle maison du Seigneur que le baptisé-communiant s’engage à être. Magnifique.