Est-il mot plus doux que celui de Noël ? Noël, lueur dans la nuit, Noël naissance, Noël qui chante au cœur du monde. «Gloire à Dieu au plus haut des cieux», gloire à celui qui vient nous faire sien. La naissance de Jésus, célébrée au cœur de la nuit, vient éclairer nos vies.
Nos vies d’ici-bas visitées par le Très-Haut. Nos vies au plus bas transformées par l’Emmanuel. Dieu se fait proche, Dieu épouse notre condition. «Dieu avec nous» renouvelle son alliance pour toujours. Le pacte est scellé: l’homme n’est plus seul.
Immense mystère de la Nativité, événement des événements, nouveauté des nouveautés. Le changement est radical, l’humanité en est transcendée. Le Très-Haut fait éclater la verticalité. Le Puissant qui touche terre, dans l’étable de Bethléem, crée une horizontalité stupéfiante.
Noël est une fête par étages: le Très-Haut, les anges dans les hauteurs, puis les bergers, les animaux, la mangeoire à hauteur d’homme et l’enfant dans la paille. Impossible de tomber plus bas. Mais les étages se dissolvent: «Marie gardait tout cela dans son cœur», dit l’Ecriture. Le cœur, l’endroit où on voit bien, là où se révèle l’essentiel. Et le cœur est à l’horizontale, il est d’homme à homme, d’humain à humain.
Si Noël parle tant à notre sensibilité, siècle après siècle, c’est que l’Incarnation reste plus que jamais la plus grande révolution vécue par l’humanité. Et ce mystère comble de bien les affamés, ceux qui sont dans cette dimension du cœur. L’horizontalité d’un Dieu qui se fait frère, en Jésus, renverse nos idées sur le Tout-Puissant. Il n’est pas le Tout-Pesant, le Tout-Contrôlant. Il est le Tout-Aimant.
Le magnétisme de Noël opère encore. Noël, fête du cœur, Noël, fête de tous les âges, Noël, fête de l’égalité et de l’humilité, Noël, la vraie révolution. Car c’est le cœur qui mesure vraiment notre âge. Jeunes et vieux se réjouiront ensemble... Le cœur est sans âge. Car Noël, à l’intérieur, n’a pas fini de naître en nous.
Bernard Litzler