Avec le recul, un regard sur les médailles distribuées à Londres donne des résultats parfois surprenants, pas toujours... jojos pour certains. Exemple flagrant, l’Inde. Un pays immense, avec plus d’un milliard d’habitants et... pas une seule médaille d’or. Deux médailles «argentées» et quatre «bronzées»: une misère pour le sous-continent indien en plein boom économique. Il ne suffit pas d’avoir sur son territoire des milliardaires aux poches dorées si les sportifs ne parviennent pas à remporter une seule breloque suprême aux JO. L’Inde reste un nain sportif.Au contraire, d’autres nains tirent magnifiquement leur épingle du jeu londonien. Les médailles d’or de l’Algérie, de l’Ouganda ou de la Grenade font plaisir à voir. Et la Géorgie (avec sept médailles), l’Ethiopie (sept également dont trois en or) ou le Kenya (11 médailles) donnent aux Jeux olympiques cette dimension universelle et surprenante qui n’aurait pas déplu au baron de Coubertin.Curieusement, les pays les plus titrés sont ceux qu’on n’hésitait pas, il y a peu encore, à qualifier d’empires: les Etats-Unis, la Chine, suivie de la Grande-Bretagne, de la Russie, de l’Allemagne et de la France. Seule la Corée du Sud vient rompre cet ordre venu d’ailleurs. Aujourd’hui, l’ordre impérial a disparu, mais les velléités de dominer le monde sportif existent encore. Que les Etats-Unis restent en tête de cette ruée vers l’or n’étonnera pas. Que la Chine les talonne est également dans l’ordre des choses, sur le plan sportif comme sur le plan économique.Les petits bonheurs des JO se trouvent dans des médailles inattendues. Les médailles d’argent de Chypre, du Botswana ou du Gabon, celles en bronze de l’Afghanistan ou de Hongkong? Le choix est vaste au classement des nations des Jeux de Londres. «Les derniers seront les premiers», dit l’Evangile. Voir quelques derniers remporter des palmes fait toucher à une joie toute évangélique.Bernard Litzler