Abbé Nicolas BetticherIls sont plus d’un million à attendre leur tour, celui de traverser la mer pour obtenir l’asile, si la mer ne les retient pas au plus profond de ses flots.Le printemps arabe avait lancé le processus. Tous pensaient trouver la liberté au travers de la démocratie. Mais très vite les oligarchies et les politiques claniques avaient pris le dessus et la démocratie dans ces pays arabes a sombré dans ses plus âpres dérives.Alors ils fuient. Parce qu’ils sont menacés de mort, parce qu’ils veulent trouver les moyens financiers pour aider leur familles restées au pays ou peut-être parce qu’ils veulent tout simplement trouver du travail pour un avenir meilleur. Alors les milliers de réfugiés, de requérants d’asile et de migrants économiques se retrouvent sur les côtes de l’Afrique blanche pour tenter le passage de la mer, comme jadis les «esclaves» fuyant devant Pharaon le tout puissant.Et l’Europe ne sait plus comment accueillir tous ces migrants de l’espoir. Schengen ne semble pas fonctionner. L’Europe veut durcir les protections. Les Nations Unies rappellent le vieux Continent à l’ordre. Et pourtant le monde globalisé avait largement soutenu le printemps arabe. Mais il n’avait pas prévu le dérapage. Alors il fait pression sur l’Europe.
Le monde globalisé est coresponsable
Alors comment faire? Des moyens existent:
Intégrer le fait que tout homme et toute femme est digne de respect absolu, tel que le Christ nous l’a enseigné
Conscientiser le monde globalisé sur sa coresponsabilité internationale et intergénérationnelle
Renforcer l’aide dans les patries des migrants
Envoyer des casques bleus pour assurer un sérieux processus démocratique né du printemps arabe
Établir des partenariats entre les pays nantis et les pays émergeants
Accueillir et intégrer dignement les migrants arrivés en Europe
Programme difficile. Mais réalisable pour qui croit que le monde globalisé peut passer la mer dans les deux sens, voire dans les quatre sens, sans se faire mal, se faire du mal.Le monde en est capable, comme jadis la foi permettant de passer la mer à pied sec.