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  • Le pape François reçoit le cadeau d'un enfant lors de la messe de la nuit de Noël 2024, en la basilique St-Pierre
    Le pape François reçoit le cadeau d'un enfant lors de la messe de la nuit de Noël 2024, en la basilique St-Pierre - Vatican Media

    Blog Le «prendre soin» selon François

    Le pape François nous a quittés après douze ans d’un pontificat riche en enseignements socio-économiques. Que faut-il en retenir? Sans doute, il passera à l’histoire comme le pape qui a alerté le monde sur les devoirs moraux de l’humanité envers la Création, c’est-à-dire le respect et la protection de la planète.

    Pourtant, pour François, la planète ne peut être ni séparée, ni opposée à ses habitants. Bien que le respect de l’environnement y soit bien présent, le message de François ne doit donc pas être réduit à la seule écologie. À maintes reprises, il affirme que la crise sociale et la crise écologique ne sont, en réalité, que deux facettes d’une même crise qui ne pourra être surmontée que par une démarche «d’écologie intégrale». Dans cette notion, se trouvent associées l’attention aux périphéries sociales et celle aux dommages environnementaux et climatiques. Ainsi, par exemple, François en vient à parler – notamment dans le message pour la dernière Journée de la Paix ( 1er janvier 2025) – de la «dette écologique» que le Nord a accumulée envers le Sud du fait de son industrialisation et dont le Nord a maintenant le devoir moral de s’acquitter.

    Malgré toute l’attention qu’il a portée à la question écologique, il serait erroné de réduire l’apport de François à cette seule thématique, même s’il a été le premier pape à l’inscrire dans la perspective du devoir moral. Plus largement, François a développé le principe moral du «prendre soin». Ainsi, chacun d’entre nous sommes tenus de prendre soin de ceux, et de ce qui nous a été confié tout au long de l’existence. Au cœur de l’attitude du «prendre soin», il y a l’idée du bien faire et du décentrement, du regard non-intéressé posé sur les choses – prendre soin de l’outil de travail, du bien produit ou acheté, et de la nature – ou sur des personnes, collègues, relations ou inconnus croisés sur nos chemins.

    «Depuis le début de son pontificat, François a utilisé l’expression énigmatique 'cette économie qui tue’»

    Le «prendre soin» est selon François l’expression la plus immédiate et naturelle de l’humanité attentionnée et responsable sans laquelle aucune société n’est viable à long terme. C’est bien ce qu’avaient compris les responsables des parcs et jardins genevois de jadis, quand ils ont orné les pelouses du canton d’écriteaux dont il subsiste encore quelques exemplaires «Cette pelouse est placée sous la sauvegarde des citoyens». Aujourd’hui, on aurait tendance à dresser une liste d’interdits avec les amendes correspondantes. Entre les deux démarches, il y a un monde de différence: d’un côté, un citoyen libre soucieux du bien commun, de l’autre un régime social basé sur la peur de la transgression de la règle.

    Depuis le début de son pontificat, François a utilisé l’expression énigmatique «cette économie qui tue». Elle revient encore dans ces derniers écrits. Plutôt qu’une condamnation sans appel, je suggère de lire cette affirmation comme une mise en garde. En effet, une économie qui bafoue ou broie l’humanité des personnes est incompatible avec leur inaliénable dignité. Dans ce sens, l’économie peut effectivement tuer; mais toute économie ne tue pas nécessairement.

    «L’économie contre laquelle met en garde François est celle des servo-mécanismes, immoraux par définition»

    Selon François, l’économie laissée à elle-même, c’est-à-dire gouvernée exclusivement par la logique technicienne et calculatrice, risque de devenir inhumaine. Il en stigmatise deux manifestations. La première est la vision du monde en termes purement quantitatifs, qui gomme les spécificités et les particularités individuelles, ce qui est incompatible avec le respect de la dignité humaine. La seconde est la prolifération de rôles et de fonctions – notamment dans le monde du travail et de l’entreprise – dans lesquels les personnes se trouvent enfermées, ce qui les empêche d’être pleinement elles-mêmes, et d’agir en acteurs moraux.

    L’économie contre laquelle met en garde François est donc celle des servo-mécanismes, immoraux par définition. Seul un citoyen soucieux du bien commun et de sa liberté sera capable d’éviter que cette économie-là ne devienne réalité. C’est ce que François a appelé de ses vœux.

    Paul H. Dembinski

    21 mai 2025

    *Cette chronique est également parue dans le quotidien La Liberté

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