En décapitant le journaliste James Foley, les djihadistes de l’Etat islamique ont fait fort. Fort dans la barbarie avec un geste d’une horreur innommable. Fort dans la direction de l’opinion publique, les Occidentaux en particulier. La décapitation, procédé d’un autre âge, se marie avec une médiatisation intense. L’alliance du sabre et la caméra produit, dans notre société ultra-médiatisée, un effet comparable à la peste, jadis: immédiat, effrayant et imparable.L’Etat islamique, création nouvelle de 2014, acquiert en un tour de main une notoriété qu’eut Ben Laden en son temps. L’ennemi public numéro 1 est désormais cet Etat autoproclamé qui va tenir le haut de l’affiche durant des semaines, des mois ou davantage.Notre monde multipolaire génère des glissements inimaginables il y a peu. La guerre civile en Syrie, juste révolte d’une population excédée, a entraîné par ricochet la naissance de l’Etat dit islamique. Mieux encore d’un califat, nouvel habit d’une idéologie religieuse meurtrière. Ceux qui n’y adhèrent pas sont éliminés, pourchassés, exécutés si besoin, yezidis et chrétiens pour commencer. Et pour mieux frapper l’opinion, rien de tel qu’une exécution publique, un otage exhibé et décapité.Le chemin du «paradis» sunnite se promeut par ces morbides parades. Le monde et le monde arabe en particulier ne peuvent laisser cette hydre conquérante se développer. Comment stopper cette folie inhumaine? Comment ramener chez eux les chrétiens irakiens déracinés? La responsabilité de la communauté internationale est engagée. Les erreurs de George Bush en 2003 se paient en 2014 dans un pays abandonné par les Américains. Le bras de fer entre Moscou et Washington en Syrie, la déliquescence de l’Etat irakien, l’instabilité du Moyen-Orient ont permis la naissance de cet islamisme arrogant. Il est temps de dire stop à ces combattants, prétendants d’un Etat qui sème le vent et la tempête. Stop de toutes ses forces!
Bernard Litzler