Un virus venu d’orient sème la pagaille et la mort en Occident. Curieux moment de l’Histoire où la mondialisation imprégnant tous les domaines de l’activité humaine est grippée par une maladie terriblement contagieuse. La pandémie du Covid-19 se mondialise elle aussi à un rythme effrayant, surprenant les pays les uns après les autres.
Les
aéroports ferment, les gares se vident, les transports se réduisent, les écoles
renvoient les élèves, les entreprises se mettent au chômage. Même les églises
se vident. Reste un mot, dans toutes les langues: confinement. Situation
inédite dans l’histoire contemporaine, restrictions qui rappellent les temps de
guerre de nos aînés, interrogations sur notre vie, sur la mort, sur les choix
de nos sociétés.
Le
temps, comme suspendu, est soudain vécu différemment. Confinés, nous touchons
davantage aux valeurs essentielles. Et les distances que nous parcourions
allègrement, avant, en tous sens, s’amenuisent. De chez soi au supermarché, il
n’y a qu’un pas.
"Nous sommes provoqués dans nos liens essentiels."
Mais
les vraies distances apparaissent subitement. Elles ne se calculent plus en
kilomètres ou en heures de trajet. Du cœur au cœur, il n’y a que peu.
Car
voici que surgissent, innovantes ou retrouvées, les solidarités familiales,
amicales, de voisinage. Tel EMS, telle personne oubliée, telle initiative de
proximité s’imposent comme des gestes de survie collective, des temps
d’humanité renouvelée. Nous sommes provoqués dans nos liens essentiels, nous
sommes invités à reconstruire le tissu social, nous sommes poussés, au fond, à
ne pas rester les bras croisés.
Heureux
temps, sous-tendu par les efforts incommensurables de nos médecins,
infirmières, personnels de santé, mais aussi éboueurs, caissières, services
publics de tous ordres, agriculteurs et distributeurs, dont l’importance nous
apparaît à nouveau. Les distances que nous imposait notre vie – avant – ont
fondu. Vivons à fond ce temps d’humanité.
Bernard
Litzler
30 mars 2020